Vers l’inconnu…

C’est devenu une drogue, un point de non retour. Un défi. Un enjeu. 

Je fonds, je maigris. L’été et la chaleur aidant, je dépense plus que je ne consomme, avec pour résultat de changer de silhouette. C’est agréable de se sentir plus léger, et ça l’est tout autant de repousser ses limites, de puiser dans ses réserves, et de constater dans le miroir que le corps évolue, que des abdos qu’on croyait disparus reprennent doucement leur place. Exit les petites poignées d’amour, exit cet autre moi que je ne supportais plus. Pour combien de temps ? Difficile à dire… Mais il fait beau, et dès que l’occasion se présente, j’enfourche mon vélo ou enfile mes baskets pour quelques séances de course à pied purifiantes pour l’âme et le corps. 

J’ai perdu trois kilos en trois semaines, et dix depuis le mois de janvier. Récemment, la balance a livré son verdict : 77. Pas suffisant. Je suis sur une drôle de lancée, et j’ai une irrépressible envie de jouer avec ce corps malléable. Il m’appartient, je fais ce que je veux, pour le meilleur et pour le pire. L’effort liposuce mon passé et me fait découvrir le présent sous un autre jour. Des t-shirts qui me moulaient le haut du corps sont devenus étonnamment confortables. Pourtant, je sens que mon corps est « on the fence », qu’il prendrait bien un peu de repos. Je le pousse dans ses retranchements, je ne lui laisse aucun répit. J’ai des cuisses en béton, et des mollets qui se contractent parfois inopinément. J’ai parfois l’impression qu’on enfonçant une aiguille dans ses motrices gonflées à bloc, je vais les faire exploser. Mais malgré la fatigue et l’usure, ou une démotivation passagère, je recommence, comme un forcené du désespoir. Je m’obstine dans cette cadence de spartiate.

C’est ça, mon quotidien depuis deux mois : de la course et du vélo, et des séances d’abdos qui me brûlent le ventre. Mais je dois reconnaître que je me sens bien, que je pète la forme. Pour parvenir à des résultats aussi satisfaisants, je sue, beaucoup. Bien évidemment, j’ai consenti quelques sacrifices côté bouffe, même si cet indécrottable gourmand qui sommeille en moi pique quelques colères de temps à autre. Alors je lui consens sa gamelle de sucre et autres cochonneries. J’ouvre une parenthèse de friandises ou de crème glacée, avec parcimonie… Épicurien avant d’être ascète. Je n’y peux rien. Je carbure au poulet, aux œufs et autres aliments riches en protéines… Quant au pain, ô miracle, il a presque déserté ma table. Il m’arrive même de mettre du vinaigre de cidre dans mon eau pour brûler plus de calories (et c’est pas mauvais en plus)… Suis devenu fou !

J’appréhende le moment – je pense à l’hiver – où je ne pourrais plus me dépenser en profitant du plein air et  où le froid sera synonyme de gras. J’essaierai de trouver la parade. J’irai casser des briques à mains nues, couper du bois dans une forêt du nord québécois, ou massacrer un sac de sable que je personnaliserai pour me donner du cœur à l’ouvrage…

D’ici là, j’ai encore le temps de me décrasser les pores pour le bien de mon humanité. Dans bientôt trois semaines, je vais franchir un autre palier, tester d’autres sensations, animé de ce désir intact d’arpenter l’inconnu. Aujourd’hui, je crois bien que je serai capable de sauter à l’élastique, de rouler à tombeau ouvert au volant d’un bolide de Formule 1, de pisser contre un grizzly, ou de crier « ça va les filles ?! » dans une tanière de Hells Angels. Sans doute l’effet de cette coke que je m’inocule dans le corps à fortes doses  et qui déforme parfois ma vision de la réalité.

Demain est un autre jour.

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Catégories :Divers et varié

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