Sur la route…

À l’heure où vous lirez ces lignes, je serai mort… Mais non j’déconne ! Ok, c’est pas drôle. 

En fait, je serai parti. Sans au-revoir ni mouchoir, sans tambour ni trompette. Monde de merde. 

Je vous dois – enfin – une explication, du moins pour ceux et celles qui avait lu ma chronique du 15 juillet, intitulée « Ligne de mire ». Cette dernière a beaucoup fait jaser, entraînant dans son sillage énigmatique tout un tas de supputations. Je vous rassure : c’était voulu ! On s’amuse comme on peut.

Certains ont cru que je regagnais la France, tandis que d’autres ont dû penser que je partais élever des chèvres au boucistan… Les plus alarmistes ont informé la police que j’avais rejoint le rang des terroristes islamistes, à ceci près que je m’apprêtais à lancer un djihad sur la Bretagne, pour remettre cette terre de fieffés alcooliques dans le droit chemin. Il n’en est rien. 

Je dois ce qui m’attend à un prénommé Tommy, qui se reconnaîtra, et, que, par avance, je tiens à remercier pour avoir été cette marche qui manquait à ma volonté. 

Donc (roulement de tambours, filles nubiles à mes pieds qui hurlent « ne pars pas ! »), je pars samedi de Sherbrooke, enfin pas loin, du Sanctuaire de Beauvoir plus précisément. Le 13 septembre, je poserai mon sac à dos devant la Basilique Sainte-Anne de Beaupré, derrière Québec. Entre ces deux sites religieux, j’aurai parcouru environ 400 km à pied (en voiture, c’était de la triche). Comme si ce défi – loin d’être insurmontable il est vrai – ne me suffisait pas, j’ai couru une heure une vingtaine de jours d’affilée en guise d’apéro, alors que ma cheville gauche donne des signes inquiétants de fatigue.

Je crois que j’avais besoin de repousser mes limites, d’aller me lover dans ces retranchements qui finissent toujours par avoir un goût de victoire au bout du tunnel. Il y a trois ans, je finissais le marathon de Montréal sur les rotules, après 5h30 d’effort qui avaient consumé tout mon être. Je n’avais pour ainsi dire pas préparé cette épreuve usante pour l’organisme, et j’avais poussé la bravoure – ou l’inconscience – à avaler les 42 km avec une tendinite au talon d’Achille. 

À l’heure où vous lirez ces lignes, je ne sais pas où je serais, ni quelle distance j’aurais accompli. Je ne serais qu’aux balbutiements d’un périple qui me réjouit et que j’accepte comme une offrande. Car j’ai la chance de pouvoir vivre ce genre d’expérience, sous le soleil ou la pluie. Même si je dois effectuer ce Compostelle québécois sur une jambe, ou me recoudre le bras comme Stallone dans Rambo (quoique), j’irais au bout de ma mission ! Cette marche, c’est comme une guerre que je mène pour faire un peu la paix. Il y a toujours une fleur au bout du fusil…

Je garde en mémoire cette très jolie phrase écrite à mon intention par Tommy, alors que je tanguais sur le radeau de mes incertitudes, que je dégobillais tripes et boyaux sur l’autel souillé de l’amour et son odeur de pisse, le cœur livré en pâture à des sentiments démoniaques. Il a dit : « La vérité passe par les jambes. » Bon, il a pas dit que ça, mais c’est l’axiome qui a stoppé l’avancée de mes lézardes. 

Le fameux « chemin » – intérieur et extérieur – sera peut-être cette lime qui manquait à mes barreaux. Je pars trouver des réponses, débusquer ma vérité, sans avoir l’assurance de revenir plus éclairé (au pire, j’ai ma lampe frontale…) Je pars pour me ressourcer, me retrouver, absorber le silence et recracher cette amertume qui me pollue. Je pars à l’aventure, aminci mais fragile, obstiné mais vivant.

Je pars surtout comme un homme libre, qui ne doit rien à personne, et qui continuera d’emmerder les cons et autres donneurs de leçons. Ni dieu ni maître, ni femme ni chaînes… 

Je vais siroter cette aventure jusqu’à la dernière goutte, et surtout regarder devant sans jamais me retourner. 

À bientôt….

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