Sur le chemin… (4)

Lundi 2 septembre – L’Avenir à Drummondville : 28.3 km.

La fatigue. Notre 4e jour de marche aura été assez éprouvant. Avec les étapes de demain et après-demain, on peut dire qu’on attaque le plat de résistance de notre périple, avec 28 km aujourd’hui, puis 27 et un prometteur 31 km en guise d’apothéose. Dans le groupe, ils sont plusieurs à appréhender ce tiercé intense.

Les trois derniers kilomètres, j’ai enclenché le pilote automatique. Je suis retourné dans ma bulle, en accélérant le tempo malgré ma cheville gauche douloureuse. Je suis arrivé le premier au Centre Normand-Léveillé, qui accueille des personnes handicapées, mais je n’en tire aucune gloire. Car chacun, sur le chemin du Compostelle québécois, y va à son rythme. L’essentiel est d’arriver à destination, sous les hourras intérieurs et légitimes du devoir accompli.

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Le marcheur et la solitude ne font parfois qu’un.

Quand nous avons quitté la commune de L’Avenir, on a bien cru que le ciel nous était tombé sur la tête. À peine avions-nous quitté l’église qu’une pluie drue nous souhaitait la bienvenue. Nous nous sommes vite abrités sous un arbre robuste, qui a fait ce qu’il pouvait pour nous protéger des gouttes. Par chance, l’orage a été de courte durée. Nos ponchos, enfilés à la hâte, n’ont finalement servi à rien. Après cette fausse alerte, le ciel est resté clément, et personne, parmi nous, n’a trouvé à y redire. La pluie reste la hantise du marcheur, du moins de celui qui est l’auteur de ces lignes frappées du souvenir.

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Le barrage de Drummondville.

Nous nous sommes arrêtés en chemin chez un sculpteur sur bois.

Nous nous sommes arrêtés en chemin chez un sculpteur sur bois.

Nous avions rendez-vous à Drummondville, qui s’était jusqu’à présent résumé pour moi à un panneau sur une autoroute. L’agglomération, comptant environ 75 000 habitants, est située à mi-chemin entre Québec et Montréal. Elle est placée au centre, comme cette région que nous traversons actuellement. Nous avons beaucoup marché en ville aujourd’hui. J’ai maudit ces interminables et ennuyeuses lignes droites qui vous coupent les jambes. Un véritable supplice pour le moral, surtout à la fin d’un parcours, quand les derniers kilomètres paraissent extensibles, comme si quelqu’un tirait sur l’élastique visuel pour le tendre davantage. Exemple avec l’église Saint-Frederick que j’avais dans ma ligne de mire au 24e km. Plus je m’approchais d’elle et plus j’avais l’impression qu’elle reculait. À croire qu’elle avait décidé de me narguer… la salope ! Nous (le groupe de tête) avons fini par casser la croûte vers 13h30, alors que notre petit-déjeuner remontait à 6h30-7h. Autant dire que nous avions les canines bien en évidence !

IMG_7566Nous avons pris nos quartiers dans une maison douillette, abritant une trentaine de lits et deux salles de bain. Un lit et une douche : j’ai vite compris que le randonneur longue durée limitait à ce mobilier sommaire la quête du paradis. Le soir, le repas nous était offert dans la cafétéria du Centre Normand-Léveillé. Le bœuf bourguignon, accompagné d’une purée de pommes de terre, a fait fureur. Jean-Pierre et moi avons repris une deuxième tournée. Ce plat très goûteux nous a remis du baume au cœur. Le fameux réconfort après l’effort…

Au pays des galériens, nous restons des marcheurs heureux…

Demain : Drummondville à Sainte-Brigitte-des-Saults.

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L’église Saint-Frederick de Drummondville.

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