Jean-Pierre is back

Il a encore frappé. Qui ça ? Jean-Pierre. La mascotte du Compostelle québécois 2014. Pour ceux qui arriveraient en retard, vous saurez tout en cliquant ici.

Donc, Jean-Pierre. THE Jean-Pierre ! Grand cœur, bonne pâte, adepte des mots qui n’existent pas. Un mec bien, et comme toutes les personnes que j’aime bien, je vais le châtier comme il se doit. Attention, rire complice !

Jean-Pierre a tenté à trois reprises de me joindre par téléphone. Sans succès. Je dormais. Oui, JP ne maîtrise pas toutes les subtilités du décalage horaire. Donc, quand il m’appelle, je dors. Mais comme le bougre est coriace, il a pas lâché prise. À force d’abnégation, ses efforts ont fini par être récompensés. Avant cela, il avait laissé deux messages sur mon répondeur, et je ne résiste pas à l’envie d’en restituer l’essentiel.

J’arborais la gueule du mec pas réveillé et un peu bougon, mais son message m’a remis sur les bons rails. J’étais de bonne humeur, grâce à lui. D’entrée, il m’a fait sourire : « Goodbye Olivier Pierson ! » En clair, il me disait au revoir pour me saluer, pour débuter son propos. Quatre mots seulement, et j’avais déjà la banane ! Très fort ce Jean-Pierre !

Puis il a poursuivi : « Dis donc, j’en ai marre que tu me prennes pour la famille Bidochon. » Il faisait alors allusion à mes chroniques sur le Compostelle québécois, où je l’avais érigé en mascotte. Je distinguais dans cette fausse remontrance sa gentillesse habituelle, mâtinée de cette complicité qui nous distinguait au cours du pèlerinage.

Ensuite, farceur : « Je te rappellerai, je te dis pas mon nom. » Te donne pas cette peine, JP, des mecs qui parlent à deux à l’heure, j’en connais qu’un seul !

Avant de raccrocher, il s’est laissé aller à une tendresse que j’aurais pu trouver suspecte : « Je t’embrasse. Je suis tes aventures au jour le jour sur ton blogue, mais je n’arrive pas encore à te répondre sur le net. »

Il a remis une couche : « Allez, bisous ! Allez ciao ! Bisous ! » Là, je me suis dit qu’il faisait un transfert de sa copine sur moi.

Il a fini par raccrocher, après m’avoir confié que je faisais rire « tout le monde » en Savoie… Tout le monde, tu veux dire les quelque 400 000 habitants qui la composent ?

Le 2e message a été plus concis, mais toujours fidèle au personnage :

Il débutait ainsi : « On n’arrive pas à te joindre, tu dois être chez la voisine ! » Voisine qu’il avait croisée le soir où il avait dormi chez moi, me glissant qu’elle était plutôt jolie. Sauf que derrière son « plutôt » je mettais un « bof ». En tout cas pas suffisamment à mon goût pour que je frappe à sa porte en feignant une urgence bidon. Genre « Auriez-vous du beurre par hasard ? Non, rassurez-vous, je n’envisage pas de vous sodomiser, mais je dois me faire cuire un steak… » (les cinéphiles auront compris mon allusion au Dernier tango à Paris)

« Je m’ennuie de mes petits Québécois et Québécoises », a-t-il alors poursuivi. On sentait poindre la nostalgie à travers cette confession spontanée. On sentait qu’il n’avait pas eu sa dose, que les bras de la Belle Province l’avaient serré trop fort. Il pouvait encore sentir son étreinte et ça lui manquait…

À la 3e tentative, il n’a pas laissé de message..

J’ai fini par l’appeler. J’ai fini par l’atteindre au 3e essai.

« Salut, c’est le Canadien ! », que je lui ai lancé.

Lui : « Ouais ! »

Moi, pour être sûr qu’on était sur la même longueur d’ondes : « C’est Olivier ! »

Lui : «Ahhhhh, Olivier, je reconnaissais pas ta voix dis-donc, t’as changé. » Ça commençait fort !

Quand je l’ai appelé, il lisait un livre sur l’Afghanistan (ah ouais quand même !) Inutile de dire que quelques fous rires ont émaillé la conversation. On a papoté, et je le sentais ravi de m’avoir au bout du fil. J’ai eu droit plusieurs fois à un mot comme « artiste », sous-entendu sacré numéro. Et à une autre confession du genre :

« Je pense souvent à toi tellement tu as marqué mon esprit », non sans préciser dans la foulée : « Tant que c’est que mon esprit… »

Pendant notre grande marche, je lui avais parlé d’un ami proche qui travaillait en Savoie, sans toutefois me souvenir du lieu en question. Visiblement, JP avait mis cet oubli dans un coin de sa mémoire, puisqu’il profita de notre échange téléphonique pour combler mon trou de mémoire, sauf que dans sa bouche, mon pote était devenu mon beauf, puis mon cousin… Bref, Jean-Pierre refaisait du Jean-Pierre : il transformait tout !

Il m’a aussi confessé qu’il s’était mis à l’anglais, à raison de deux leçons par semaine.

« J’apprends, mais c’est dur et je fais rire tout le monde ! » J’avoue que ça m’a pas étonné ! D’ailleurs, dans la même conversation, le chanteur québécois Daniel Lavoie a été naturalisé français, si je puis dire, en devenant Marc Lavoine, également chanteur de son état.

Il m’a aussi parlé d’une virée récente à vélo, de 60 km, de sa sacro-sainte indépendance (ça doit être pour ça qu’on s’entend bien), ainsi que de sa passion pour les timbres (là je passe mon tour). Même le Général De Gaulle nous a rendu une petite visite. De Jean-Pierre, je n’en attendais pas moins ! « On est passé pas loin de Colombey-les-Deux-Églises, on a failli aller voir sa tombe. »

Car Jean-Pierre s’est rendu à Valenciennes, pour l’anniversaire d’un cousin à sa copine, d’après ce que j’ai compris. C’est en discutant avec lui que j’ai appris que les Valenciennois ne savaient « que boire et manger ». Un rapport quelque peu sommaire qui ravira les intéressés !

« J’ai mangé du fromage qui pue, mais je n’en ai pas trempé dans le café », a-t-il enchaîné, cherchant désespérément le nom du fromage en question.

« Du Maroilles », que j’ai dit.

« Oui, c’est ça ! » s’est-il enthousiasmé, « du Maroilles ». Je confirme : ça pue.

J’ai aussi appris qu’il avait fait développer ses photos du Compostelle québécois et constitué un album, à l’ancienne. Tout aussi ancien, mais non dénué de charme, l’envoi de 18 cartes postales à ses compagnons de route québécois. Je l’ai d’ailleurs remercié pour ma part.

Il m’a bien fait rire quand il m’a annoncé avoir acheté le dernier numéro de Québec le Mag, pour lire mes articles et aussi replonger dans cette province si chère à son cœur.

« J’ai coupé certaines photos et je les ai glissées dans mon album. On pourrait presque croire que c’est moi qui les ai prises ! » Jean-Pierre dans toute sa splendeur !

Mais le meilleur restait à venir, et je le livre comme on amène un dessert. Cette question :

« Et sinon, tu te fais à manger ? »

À ce moment précis, j’ai été pris d’un doute, et j’ai bien failli répondre :

« Maman ? »

Sacré Jean-Pierre !

 

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