Ninie a 40 ans…

Salut frangine !

1er novembre 1974 : tu poussais tes premiers cris dans une maternité de Metz, et moi, en guise de bienvenue, je faisais la gueule. Je pense que j’étais jaloux. Tu étais une adversaire avant de devenir une sœur. Bref, tu mettais en péril ma suprématie dans le cœur de maman. J’avais deux ans, j’étais déjà un petit con. 

Je suis déjà revenu sur cet épisode, il y a un an sur ce même blogue, en pondant une chronique pour tes 39 ans qui t’avait émue aux larmes… Mais là, on parle de ton entrée dans un nouveau club. Le club des quadras. La maturité, les premiers cheveux gris, les jeunes qui te vouvoient. Quarante-ans, ma sœur. Te voilà dans le panthéon des Hommes mûrs, enfin en théorie. Je dis ça car des tas d’hommes, avec un P minuscule, profitent de cette décennie pour torpiller leur mariage en allant se vautrer dans les draps d’une donzelle avec des seins en forme de poire. On appelle ça la crise de la quarantaine, le démon de midi. On pourrait aussi très bien nommer cette période la “salaudidude“. Les femmes ne sont pas exemptes de reproches. Certaines repartent même à la chasse après 50 ans, les hormones en ébullition et les bas nylons en feu. On leur a donné un nom : les cougars. Bref, je m’égare…

Photo de circonstance, car j'en ai chié pour réaliser son album « 40e anniversaire »...

Photo de circonstance (merci Éric Berteau), car j’en ai chié pour réaliser cet album du 40e…

Pour mes 40 balais, tu t’étais décarcassée. Je m’en souviens, j’étais là ! Une amie m’avait bandé les yeux et jeté dans sa voiture, me faisant alors bander comme un taureau, persuadé que j’allais finir dans une boîte à partouze ou un lupanar de grand luxe, entouré d’Amazones assoiffées de sexe. Une fois ma cécité temporaire disparue, je m’étais retrouvé face à une meute de proches. Ce soir-là, je n’ai niqué personne, mais j’étais en famille et cet amour me comblait…

À l’époque, tu m’avais mis la pression. Faut dire que tu avais placé la barre haute. Je n’allais donc pas resté les bras croisés, malgré les 6 000 km qui nous séparent. Je sais que cette absence te pèse (d’après une source bien renseignée), que tu aurais aimé que ton idole de grand frère soit présent à tes côtés en ce jour particulier. Mais si l’on ne choisit pas sa famille (eh merde), on choisit en revanche son destin. Je suis parti un jour de France (et l’actualité me prouve tous les jours que j’ai bien fait) en sachant pertinemment à quoi je m’exposais. L’expatriation est synonyme de sacrifice, et avec elle, ils sont souvent plusieurs. C’est le revers de la médaille. Mais ça ne change rien à mes sentiments à ton égard, ni à ceux qui comptent, parents et amis. Je ne vais pas énumérer ces derniers, ils se reconnaîtront.

Eurêka, j’ai trouvé !

Il y a deux semaines, j’ai eu une idée de génie. Comme souvent tu me diras… J’étais si content de moi que je me suis masturbé trois fois sous la douche, sur la chanson Pour le plaisir d’Herbert Léonard. Je me suis dit, en mon for intérieur : « Eh boy, et si tu lui préparais un album photo ? » À ce moment précis, j’avoue qu’une petite voix a pris le relais. Goguenarde : « Un album photo ? Ouah, génial ! Et pourquoi pas un cadre avec des pâtes Lustucru ? » J’avoue : elle avait pas tort cette pute ! (oui, je ne suis pas toujours tendre avec ma conscience). Je suis donc revenu à la charge, décidant de solliciter un max de personnes, en France et au Québec, et même dans d’autres pays, jusqu’à des réserves hexagonales célèbres comme La Réunion et La Nouvelle-Calédonie (lâchez vos machettes, je plaisante !). Des gens que tu connais, mais aussi des inconnus, histoire d’accentuer ta surprise. La règle était simple : vous prenez un crayon, un feutre, un pinceau, vos doigts, une saucisse hot-dog… et vous dessinez une grosse teube (bite en verlan) sur la feuille. Nan, c’est pas vrai. Ils devaient juste te souhaiter un joyeux anniversaire, sachant qu’ils avaient une entière liberté dans la composition. Je les avais aussi prévenus que je publierai l’album en noir et blanc, pour des questions esthétiques, et aussi parce que je fais ce que je veux !

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Photo : Chantal Lévesque. Les rajouts à deux balles : moi.

Comme tu le vois, c’était pas trop compliqué sur le papier (c’est le cas de le dire). En pratique, ce fut une autre paire de manches, d’autant que je croulais alors sous le boulot. Je pense que ce contexte surchargé (si si, ton frère bosse !) donne toute sa valeur à ce cadeau qui est le mien. J’y ai passé du temps, crois-moi, en particulier dans les relances, quitte à être lourd parfois. Ce qui me motivait était cette évidence : on n’a pas 36 occasions de fêter dignement le 40e anniversaire de sa sœurette. Et puis, pour tout te dire, tu le valais bien…

40 bougies, et plus de 50 attentions

Le résultat, c’est cet album qui a dépassé la barre des 50 photos (quand même !) et qui te fera voyager entre la France et le Québec, mais aussi en Italie, en Espagne et au Luxembourg, et sans oublier les déjà nommées Réunion et Nouvelle-Calédonie. Il est imbibé d’amour. Celui de ta famille, à commencer par moi, mais aussi de ces amis qui ont accepté de jouer le jeu. Sur cet album, j’ai essayé de pallier deux absences de marque comme je le pouvais. Ils ne sont plus de ce monde, mais je sais que le cas échéant, ils auraient célébré ton 40e anniversaire avec toi. Frank tout d’abord, alias le Spatz. Le cliché sélectionné remonte aux vendanges de 1993, à Saint-Emilion dans le Bordelais. Ça ne nous rajeunit pas. La seconde personne, Débo, est aussi là, en quelque sorte. Par l’entremise de sa sœur Arabella, qui n’a pas hésité une seule seconde pour te faire ce clin d’œil… « Tu feras un gros bisou à ta sœur » m’a-t-elle écrit. C’est fait. J’aurais aimé que d’autres soient aussi réactifs, honorant de leur présence cette mosaïque de messages sincères…

15047220333_8167e0a6ed_zMais revenons à cet album international. Je t’ai mis des légendes pour que tu ne sois pas trop perdue et sache parfois à qui tu as affaire. Tu remarqueras que même les animaux s’y sont mis, ainsi que l’homme invisible et un serial killer ! Parfois, les photos sont granuleuses ou floues, ce qui leur donne un certain charme une fois passées par la machine à laver noir et blanc. Je t’avoue que certains m’ont épaté ou agréablement surpris par leur imagination ! Tu jugeras par toi-même. L’un d’eux a même fait allusion à ton ancien job d’étudiante, quand tu revenais chez toi les fringues parfumées à la frite et au graillon… C’était ton époque Steinhoff, cette chaîne de restauration rapide typiquement messine.

Je me suis aussi aperçu que les gens ne lisaient pas toujours (ou alors en diagonale) le message que je leur avais adressé. Je ne citerai personne 🙂 mais il y en a plusieurs qui m’ont juste envoyé une photo d’eux. Exit la feuille avec le petit mot !! Certains ont accepté une séance de rattrapage. Pour les autres, je me suis permis de faire une entorse à la règle de base en faisant un petit montage, afin que le joyeux anniversaire apparaisse, étant entendu qu’on ne fêtait ni ton baptême ni ta récente réussite au baccalauréat, après 20 tentatives… Je précise que l’un deux, père de famille nombreuse, a proposé de se faire prendre en slip ! 

Album en lice pour les Oscars…

Photo : Chantal Lévesque.

Photo : Chantal Lévesque.

Je le dis sans prétention : je suis fier de cet album. Fier du travail accompli, fier de ce qu’il dégage et de ce qu’il te procure. Peut-être, à vrai dire j’en suis sûr, y a-t-il parmi ces modèles d’un jour des gens que tu n’as pas vus depuis longtemps, ou que tu aimerais revoir ? Si j’ai un conseil à te donner – un grand frère, ça sert aussi à ça – c’est de profiter de ce cadeau tout en images pour leur accorder un peu de temps. Un verre, une bouffe, et le tour est joué ! Ils t’ont fait un joli présent en embarquant dans mon projet. Beaucoup l’ont trouvé original et touchant, et certains m’ont d’ailleurs fait savoir qu’ils s’en inspireraient sans doute à l’avenir… Tant mieux, si ça rend d’autres personnes heureuses. Je n’inclus pas dans cette parenthèse les amis qui habitent à l’autre bout du monde ! Car si l’amitié est sans limites, le portefeuille en a ! 🙂

Tu es libre aussi de te constituer un bel album physique, en noir et blanc, ou en puisant dans les photos originales que je te ferais parvenir. Il va de soi que ledit album doit rester cantonné aux amis, ou en tout cas à ceux qui y ont pris part, car tous n’ont pas forcément envie de se retrouver sur la Toile. Il faut respecter ça, d’autant que certains se sont faits prendre avec leur (s) enfant(s). Pour les autres, ceux qui aimeraient y avoir accès, je te laisse décider de la suite à donner, voir comment tu peux procéder… En même temps, t’es pas Madonna non plus, donc je ne m’attends pas à un visionnage planétaire de mon chef-d’œuvre !

Que te dire d’autre ? Que Vanessa Paradis, Florence Foresti et – M – avaient d’autres obligations. J’ai envoyé des roses à la première, crié à la deuxième que ma vie était un sketch, et confié au troisième que j’avais acheté une guimbarde quand j’étais lycéen, pour tenter de les convaincre. Ils m’ont promis de venir une prochaine fois, d’autant qu’ils veulent absolument voir notre mère de près. Foresti pense d’ailleurs qu’elle ferait un tabac avec ses mots et expressions réinventés… 

1er novembre 2014 : tu as 40 ans, de beaux enfants, un mari qui te comble, une mère humoriste et un frère que toutes les femmes s’arrachent… (c’est mon blogue, je dis ce que je veux !).

Joyeux anniversaire ma très chère frangine ! Embrasse tes convives pour moi, et caresse les seins de tes copines de ma part. Au Québec, on n’a pas le droit sinon on va en prison après avoir été émasculé (maman, viens me chercher, y a que des féministes ici !!) 🙂

GROS becs du Québec, ma sœur adorée…

Ton frère,

Olivier.

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Catégories :La famille

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