Lettre à 2014…

Chère année 2014,

Je viens de te quitter mitigé. Que penser de toi, de tes coups bas et de tes coups d’éclat ? Tu ne m’as rien épargné. J’avais imaginé qu’avec un chiffre pair, tout allait couler de source. Le pair m’inspirait confiance. Il n’en fut rien. Tu n’as pas été meilleure ou pire que tes aînées. Tu a été comme une vie doit être, avec ses hauts et ses bas…

Si je suis heureux de t’avoir quittée ? Je ne sais pas. En 2014, j’ai appris que des proches avaient été rattrapés par le cancer, j’ai été désarçonné par des décès soudains, j’ai été pris de doutes et combattu les ténèbres. J’ai ri, j’ai pleuré, j’ai aimé et j’ai haï. J’ai porté des croix, et même un sac à dos qui a remis de la couleur dans un esprit trop gris.

Car j’ai marché, en 2014. C’est sans doute ce que je retiendrai de cette édition désormais promise aux toiles d’araignée. Une randonnée de cette trempe – plus de 350 km en 15 jours pour ceux qui n’ont pas suivi -, c’était nouveau pour moi. J’ai rencontré des gens simples, qui n’ont plus rien à prouver. Des retraités professionnels mais en aucun cas de la vie… Ils m’ont enseigné le présent alors que j’étais obnubilé par l’avenir. À partir de juin, le sport a pris une autre dimension pour moi. Je voulais souffrir. J’ai couru comme un damné, pédalé comme sursitaire, et marché comme un miraculé… Le sport était devenu mon cocon, ma potence et mon exutoire. Je suais les larmes qui n’avaient pas voulu couler, je grimaçais les coups que je m’étais refusé à porter… Tout ça à cause de sentiments exacerbés par une passion trop brève. 

Car j’ai croisé l’amour sur ton agenda, chère année 2014. Du moins je l’ai entraperçu. J’ai pensé le tenir, mais il m’a glissé entre les doigts. Ça a fait pschitt ! après avoir fait boum boum ! Il y a longtemps que je n’avais pas baissé le bouclier aussi bas. Ça m’appendra. Après ça, il y a eu une cassure. J’ai encaissé la versatilité des sentiments et j’ai mis le feu à mon jardin infesté d’illusions. J’ai construit d’autres barricades autour de mon cœur convalescent. J’ai changé d’armure, je suis passé au titane…

Quand j’y repense, mon année 2014 peut se résumer à ces deux événements marquants. Deux expériences reliées par ce NOUS qui n’avait pas la même saveur. Le NOUS intime, doux-amer, et puis ce NOUS collectif, si agréable en bouche. Je dois à mon erreur sentimentale une randonnée extraordinaire. La destruction puis la renaissance, la futilité avant la félicité… 

Je vais te laisser, chère année 2014. J’ai moi aussi changé de crèmerie. 2015 a embrasé les ciels de ce monde, avec ses vœux par millions, récités par cœur et souvent sans âme…

Une année impaire, donc. On verra ce qu’elle nous réserve. Pour ma part, je ne te demanderai qu’une chose, c’est que mes proches et ceux pour qui j’ai de l’estime restent en santé. Car je vis aussi à travers eux…

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