Blessure de guerre…

Aimez-vous les uns les autres…

On a l’air con quand on dit ça, on a l’air rétro, ringard… On a envie de dire à celui qui prononce cette phrase galvaudée qu’il a quelques lettres de retard. Au 21e siècle, on peut même dire qu’on s’approche de la fin de l’alphabet. On est arrivé à la lettre T, comme tuer. 

Tuez-vous les uns les autres… Là, c’est mieux, on est dans l’air du temps, on est raccord. Oh, je vous entends déjà : on n’a pas attendu 2015 pour s’étriper, et vous avez raison. Mais on vit une drôle d’époque…

Mourir pour un dessin, même insultant, déplacé, ça paraissait fou, débile, surréaliste… ça ne l’est plus. Plus depuis ce mercredi 7 janvier 2015. Et moi qui pensais que le chiffre 7 portait bonheur. J’arrive toujours pas à accepter ce qui s’est passé en France, mon pays… Je suis comme cette phrase qui se délite en points de suspension…

Ce matin, j’ai vu un mec chialer comme un môme sur un plateau de télévision. Un médecin urgentiste très connu dans cet Hexagone en sang, avec ses mouchoirs trop petits pour ses larmes de géant. Patrick Pelloux avait le visage déformé par la douleur, si triste de ne pas avoir pu sauver ceux qui étaient à la fois des collègues et des amis. Des gens bien étaient tombés au combat, avec, pour seule protection, ces feuilles de papier qui leur servaient de lance-roquettes. Leur projectile, c’était l’humour, tendance acéré. Leur impertinence faisait du bruit, mais elle ne tuait personne…

Cette image d’un homme en lambeaux, cisaillé par la douleur, s’est incrusté dans ma mémoire, comme celle, ignoble, diffusée la veille et montrant un policier se faire abattre comme un chien en plein Paris. Paris, la ville-lumière, la touristique et la romantique… Paris est magique, ont l’habitude de scander les supporters du PSG, le club phare de la capitale. Sauf que depuis ce maudit 7 janvier, elle est aussi tragique…

Jamais je n’aurais imaginé qu’un journaliste français puisse être en danger dans son propre pays. La peur et le danger étaient censés être cantonnés à d’autres théâtres d’opération. Mais pas chez nous, pas sur ce sol où la démocratie aime battre le pavé en faisant claquer des revendications…

Jusqu’à hier, je ne savais pas que des crayons pouvaient saigner. J’ai intégré l’inconcevable. Aucune gomme n’effacera les traces de cette tragédie…

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