En passant par la Toscane (6)

Jeudi 11 septembre. – Siennes se rapproche. En attendant, Nico poursuit son jeu favori depuis le début de notre périple : la recherche de réseau pour son téléphone portable. Une fois c’est WIND, une autre fois c’est TIM ou encore OMNITEL. Trois mots qu’il connaît par cœur et s’amuse à répéter au fil de notre parcours. Ce voyage en Italie a fait naître une rivalité, amicale il va sans dire. Pour une raison que j’ignore, je l’ai rebaptisé « blaireau », et je suis devenu dans sa bouche un « branquignole » (ces surnoms sont restés depuis). 

Nous plantons notre pique-nique à l’entrée de Vertine, un très beau village médiéval. La visite est courte, comme notre pause café dans ce lieu hors du temps. Le genre d’endroit qui te fait aimer la vieille pierre. Un décor de cinéma. Nous voilà repartis sur la route, pour atteindre une localité plus contemporain à quelques kilomètres de là, où nous allons prendre le bus… 

KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA

15h : nous débarquons à Siennes. Enfin ! Passé la banlieue, somme toute assez terne comme beaucoup de banlieues, nous restons bouche bée devant la vieille ville. Dans le groupe, certains avaient pris fait et cause pour elle, la trouvant même plus attirante que Florence. Je rejoins ce camp sans l’ombre d’une hésitation. La resplendissante plazza del Campo et son palais me fait l’effet d’un dessert consommé avant l’heure. Pas d’entrée ni de plat de résistance, on entre d’emblée dans le vif de la beauté. Le reste est pas mal non plus : sa cathédrale, ses dédales de rues étroites parfaitement conservées…

L'intérieur de la cathédrale de Sienne frappe par l'utilisation du marbre noir et blanc.

L’intérieur de la cathédrale de Sienne frappe par l’utilisation du marbre noir et blanc.

Chaque parcelle de ce musée à ciel ouvert est un enchantement pour les yeux ! Les monuments sont des offrandes, l’émotion nous envahit. On ne se lasse pas de contempler les façades moyenâgeuses de la cité. Et ce soleil qui sublime tout. Comblés, nous passons la soirée en charmante compagnie. Deux Parisiennes appartenant à un autre groupe de marcheurs, qui regagne Florence le lendemain. Nous invitons Florence et Sophie à prendre un verre sur le balcon riquiqui d’un café qui fait face au palais. La pleine lune inonde la place, l’air est doux et le plaisir a étendu ses jambes. De notre position, nous savourons les beautés du passé. Mais le présent a aussi beaucoup de charme, et il nous tient compagnie. Le scénario étant bien fait, Nico me laisse le champ libre pour Florence, n’ayant d’yeux que pour sa copine, une grande brune mariée au PSG. Le hic, c’est qu’il a aussi tapé dans l’œil d’Éric, le berger qui encadre le groupe des deux donzelles. Lui, son dada, c’est la rando, la vraie, la pure, dans cette vallée de Chamonix dont il vante avec fougue les attraits. Pour cet homme des bois, ancien chasseur alpin de 33 ans, seul « sa » montagne trouve grâce à ses yeux. Le reste n’est que futilité. Autant dire qu’il a dû se faire chier en Toscane, où le plus haut sommet n’excède pas les 900 mètres. De son point de vue, ça devait être une butte…

Duomo-di-Siena

Mais revenons à son autre hobby : les hommes. Je n’ai appris que plus tard, par la bouche de Nico, que le fameux Éric n’avait pas arrêté de lui faire du pied sous la table, plongeant mon camarade dans un bel embarras. Le lendemain, alors que nous prenions notre petit-déjeuner, il ne l’a pas lâché du regard, en lui décochant un sourire plein de sous-entendus. Et moi dans tout ça ? Je suis sous l’emprise de Florence. Pas la ville mais cette fille qui me donne envie d’aller me perdre dans les ruelles de l’amour. On s’échange nos coordonnées, on se croirait à la fin d’une colonie de vacances, les pensées frétillantes… Je sens que je vais bientôt passer par Paris. 

Il est bientôt 3h et je me couche avec le cœur léger. Je le sens batifoler dans ma cage thoracique. Je vais dormir la bouche fermée, pour empêcher toute évasion.

C’était vraiment une belle journée. On en oublierait presque qu’il y a deux ans, jour pour jour, des terroristes effaçaient les Twin Towers du paysage new-yorkais…

Prochaine étape : à l’assaut d’une autre perle de la Toscane, le village de San Gimignano. 

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