Mon nouvel ami

Je vais l'appeler Orangina

Je vais l’appeler Orangina

J’ai un nouvel ami. Un sac à dos de couleur orange. Oui, j’ai décidé de m’éloigner de mes tendances habituelles qui se bornent à des tonalités joviales comme le noir, le marron et le kaki… On appelle ça un grand écart ! Je me suis dit qu’avec cette couleur pétante, on me verrait de loin, ce qui peut aider si je me perds en forêt en tentant de fuir un cheptel de biches nymphomanes. Par contre, si je veux chier tranquille, c’est pas top… (je mets un point d’honneur à insérer un peu de poésie dans mes chroniques.)

Vous ne pouvez pas savoir à quel point je suis ravi… Si j’étais un môme, ou un vieux, je me pisserai dessus, c’est dire le niveau de ma bandaison mentale ! Ça faisait partie de mes petites priorités, disons… Ça et changer de sous-vêtement. Quand ça finit par gratter, c’est jamais bon signe (mais non maman, ton fils est propre). Pour dénicher la perle rare, je suis allé dans un magasin spécialisé sentant bon la chaleur humaine et l’expertise : La Tienda (à quelques pas de la station de métro De l’Église). On vous y sert de grandes plâtrées de conseils avisés, avec ce sourire qui vous dit « à bientôt ». Pour éviter de vous faire un exposé (j’ai pas que ça à foutre !), je vous invite à cliquer sur cet hyperlien. J’y ai suivi récemment une formation sur la manière de bien préparer son sac à dos quand on s’attaque à de longues distances, comme ce fut mon cas l’été passé. Tout ça pour dire que j’avais bien choisi mon adresse. Je savais à l’avance quel type de produit correspondait le mieux à mes attentes. Pour les coloris, j’avais le choix entre bleu et donc cet orange qu’on distingue de la Lune…

J’en ai profité pour confier à Anne, la gérante, ce que j’avais ressenti l’an passé à la fin de mon Compostelle québécois. Je ne faisais qu’un avec ce sac que j’avais tant maudit au départ, à ce sac qui avait d’abord été un fardeau, un ennemi (un enculé n’ayant pas peur des mots), avant de devenir un allié, un ami, et peut-être plus (je précise que je n’ai tenté aucune approche à caractère sexuel avec lui). Elle a opiné du sourire, comme si nous avions un point commun. Je crois que c’est le lot de beaucoup de marcheurs d’avoir ressenti cela. Comme si cette protubérance imposée par les marches au long cours était devenue une partie de moi. 

Au moment où je ponds ces lignes avec une décontraction frisant le génie ou la prise d’ecstasy, il est devant moi, un peu bancal sur une chaise, comme si, vaincu par l’assoupissement, il s’apprêtait à choir sur le sol.

Avec toutes les oranges que je bouffe en ce moment (le correcteur automatique vient de me proposer « organes », ce qui n’est pas la même chose), je me suis vite habitué à sa teinte. 

J’vous jure, quand je suis sorti du magasin avec ce compagnon sous le bras, je me suis senti comme reconstitué, comme si je venais de mettre la main sur la pièce manquante de mon puzzle. Ma carte bancaire venait de perdre un rein, mais moi, j’étais requinqué par cet achat. Reste à lui trouver un nom et une perruque (mais non j’déconne).

Voilà, j’ai un sac, et je trépigne à l’idée de le remplir et de l’avoir sur le dos. Il est pour moi synonyme de l’arrivée des beaux jours, mais aussi de virées oxygénantes, seul ou accompagné, loin du bitume et des gaz d’échappement.

J’ai d’ailleurs quelques escapades dans les cartons. Il me tarde de les ouvrir…

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