À Montréal, le printemps est hockey

Montréal vibre, Montréal tremble… Ça arrive parfois au printemps. C’est ainsi quand le Canadien de Montréal se qualifie pour les séries éliminatoires. Dans ces moments-là, la fièvre monte, la ville a chaud, elle dégouline de ce hockey qui lui a tant donné. 

Depuis quelques jours, il y a des signes qui ne trompent pas en ville. Des drapeaux accrochés aux balcons, des fanions qui claquent au vent sur des voitures, des maillots qui affichent leur soutien… Et il y a cette ferveur lancinante, presque discrète, qui attend le soir pour prendre de l’assurance en bombant le torse dans des bars où on l’accueille à bras ouverts. Elle attend ce moment béni de la game pour se faufiler, devenir une évidence et une occasion trop belle pour des cordes vocales en quête de tribune… Alors ces antres pour partisans assoiffées de boissons et de victoires se remplissent, la bière coule à flots, les chants prennent de la vigueur et les secousses commencent. Les secousses du cœur, mis à rude épreuve pendant ces matches couperets où les ongles deviennent des amuse-gueules et la tension une compagne bien encombrante. Moi, il m’arrive de zapper quand ça devient insoutenable. C’est pire qu’un film d’horreur où le sang gicle par hectolitres… Mais je finis toujours par revenir dans la partie. Je suis drogué et incurable.

Quand le printemps rime avec Canadiens, Glorieux et tous ces surnoms rutilants que la légende a enfantés, la métropole québécoise n’est plus vraiment la même. Quelque chose a changé dans sa façon de respirer. Elle retient son souffle, entraînant avec elle des  milliers de partisans gonflés à bloc. Que l’on soit affalé devant sa télé, contaminé par la ferveur d’un bar fleurant le chauvinisme du sol au plafond, ou encore en extase dans cette cathédrale du hockey que l’on appelle le Centre Bell, l’émotion est la même.

Elle s’agrippe à vous dès l’entame de la rencontre, vous parcourt l’échine le temps d’un hymne national, ou se déploie dans les explosions brésiliennes du commentateur Pierre Houde. C’est le Québec qui se prend à rêver d’une nouvelle Coupe Stanley, l’espoir bien affûté et le flambeau de la fierté brandi bien haut, tel un phare faisant taire la pénombre l’espace d’un duel où les coups, les buts et les punitions font partie du décorum.

C’est beaucoup de choses le hockey à Montréal. Mais c’est surtout une équipe qu’on aime… ou pas. Je pense qu’en ce qui me concerne, j’ai pas besoin de vous faire un dessin…

(Écrit après un premier match d’une intensité incroyable remporté 4-3 par le CH face aux Sénateurs d’Ottawa. Les séries commencent bien !)

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3 replies »

  1. Pour un « maudit » Français tu as finalement compris qu’il y a plus que le soccer au monde…On se revoit bientôt? J’aurais voulu écrire « trop tôt hélas ». M
    ais politesse oblige.

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