Cette fois, c’est bon…

Oui, il n’y a plus de doute. Plus de neige, plus de météo cyclothymique… C’est véritablement le printemps ! Et croyez moi que c’est le pied, Montréal sous un ciel primesautier. Car Montréal revit, après une longue hibernation. Les trottoirs grouillent d’une humeur nouvelle, joyeuse et décontractée. La légèreté dicte sa loi et les tenues l’appliquent à la lettre. Symboles de la renaissance en marche, les terrasses ont devancé les feuilles sur les arbres. D’une année à l’autre, elles poussent à une vitesse folle sur un sol pourtant hostile. Elles fleurissent tout aussi vite et se font butiner par des hommes et des femmes tout juste sortis de la torpeur hivernale et reprenant presque instinctivement leurs marques dans ces espaces bâtis pour le bien-être. La terrasse est la caisse de résonance des beaux jours, au même titre que le barbecue, dont les volutes toutes en arabesques détartrent les pensées épicuriennes…

En tombant le masque hivernal, Montréal se fait plus séduisante. Moi, je m’évade sur ses courbes cyclables. Depuis le début du mois de mai, le métro n’est plus qu’un souvenir. Nous avons rompu le 1er mai. Notre routine me pesait. Je lui ai tourné le dos sans me retourner. J’ai ressorti mon vélo de sa grotte, dans cette chambre d’amis où je le contrains à une sieste prolongée. Puis je l’emmène pour une petite visite de routine chez un toubib qui débloque ses articulations rouillées avec un peu de graisse et quelques maniements d’outils… Les premiers coups de pédale sont toujours un grand bonheur. J’ai alors l’impression de flotter sur le bitume en moulinant avec entrain. Avec mon deux-roues, je m’aventure plus facilement dans les recoins de la ville, que je dépoussière goulûment en m’autorisant des écarts de trajectoires, un peu à la manière d’un skieur féru de hors-piste. Je débranche le GPS, je musarde, je fonce tête baissée dans le hasard.

Je me faufile entre les voitures et j’insulte parfois in petto un automobiliste condescendant. Curieusement, c’est sur la selle de ma monture que je me sens acteur de cette cité cosmopolite, en me laissant griser par ce mouvement que la pratique du vélo amplifie. Je suis pilote d’un avion sans ailes, capitaine d’un rafiot sans voiles, mais un Robinson comblé sur l’île de Montréal…

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