Anus Horribilis

Quand une image vaut mille mots ! 😉

C’est une scène de film qui a ramené cet épisode vécu à la surface… Une scène tirée de La famille Bélier, que je suis allé voir récemment. Ni le début d’une saga sur l’astrologie, ni une fiction glauque sur une fratrie qui aurait forniqué avec cette espèce herbivore après une soirée trop arrosée.

Non, il s’agit de cette fameuse histoire qui a mis en émoi la France, et qui met en scène une famille de sourds, excepté la fille, dont la voix de soprano se heurte aux tympans cimentés de papa, maman et du frangin (faut vraiment être tordu pour imaginer pareil scénario !). Bon, je vais pas vous pondre une critique sur ce feel good movie qui a trait quelques larmes de mes pupilles de taureau… Le père, incarné par l’excellent François Damiens, est un agriculteur aussi dur à l’ouvrage que performant au lit. Car on comprend vite que lui et sa femme – sous les traits de la succulente Karine Viard (quelle femme !) – aime bien labourer la terre du désir. Bref, tout ça pour dire qu’à un moment, on aperçoit Damiens en train de récurer manuellement le derrière d’une vache, cette dernière demeurant impassible malgré le caractère impressionnant de la manœuvre. Inutile de préciser qu’il est fortement interdit de reproduire ce schéma bestial avec sa tendre et chère.

Cette scène, j’en ai été témoin un jour, pour de vrai, en 2011, dans le cadre d’un reportage... Sauf que j’avais placé la barre un peu plus haute en assistant à l’insémination d’une femelle rhinocéros, ce qui allait me valoir d’être la cible de commentaires taquins de la part de collègues toujours enclins à la déconne. Je vous laisse découvrir plus en détail l’épisode auquel je fais référence :

« Petit, je voulais être vétérinaire. J’adorais les animaux (je les adore toujours), je voulais les soigner, je rêvais de leur sauver la vie. J’aspirais à devenir le pompier des bêtes à poils, leur super-héros, leur Dr House. Et puis un jour, j’ai vu un reportage à la télé. On y apercevait un des représentants de cette profession enfoncer son bras dans le cul d’une vache pour l’aider à mettre bas. Je décidai alors de revoir mes prétentions professionnelles. Ce souvenir est remonté à la surface, dans le cadre de mon métier de journaliste. Je dois couvrir une intervention qualifiée d’exceptionnelle, dans un zoo des environs de Metz. La presse est venue en nombre assister à l’insémination artificielle d’une femelle rhinocéros prénommée Tswanee.

Cette opération très délicate est confiée à deux éminents spécialistes. Deux Allemands très sollicités dans le monde de la procréation assistée, inséminant ici et là des rhinos, des éléphants, et même des tigres. Pour les félins, ils ont recours à l’anesthésie générale. Ils n’ont pas vraiment le choix: une femelle tigre non coopérative, c’est la mort annoncée du toubib.

Pour faire court, on vérifie d’abord que le sperme, prélevé le matin même sur un mâle d’un autre zoo français, a bien voyagé. La semence, acheminée en jet privé, donne entière satisfaction. « D’excellente qualité et en quantité abondante », jugent les experts. Abondante, ça ne veut pas dire une baignoire. Quelques millilitres à peine. Oui, je sais, ça casse un peu le mythe.

RL

Le bandage des yeux façon rhino, c’est moins glamour que dans 50 nuances de Grey !

La partie que j’apprécie le moins précède l’échographie. Un des pontes de l’insémination va curer le derrière de la bête avec un bras qui lui sert de tractopelle. Je comprends mieux pourquoi la nature nous a dotés de longs bras. Je revois ces mottes d’excréments aller s’écraser lourdement sur le sol, en me remplissant les narines d’une odeur infecte. La femelle de 900 kg n’étant pas d’humeur à se faire tripoter par des inconnus, il a fallu l’endormir partiellement. Ils ont eu recours à la télé-injection, le bon vieux coup de poing dans la gueule étant sans effet sur ce type d’animal. On lui a aussi bandé les yeux et bouché les oreilles, pour ne pas la stresser davantage, les rhinocéros ayant une ouïe très fine. Je ne suis pas resté assez longtemps pour la partie de Colin-maillard.

L’opération totale a duré près d’une heure. Une seconde insémination a été réalisée le lendemain matin, pour optimiser les chances de réussite. On appelle ça mettre le paquet, ou envoyer la purée pour le cercle des poètes disparus. Il faudra attendre trois mois pour dire si Tswanee sortira les biberons. Le cas contraire, l’espoir reposera sur deux autres mâles, en pleine force de l’âge, attendus plus tard dans la ménagerie. De quoi stimuler les femelles du site.

Par chance, Andrew Lee Nash n’était pas présent à cette insémination. J’apprends le lendemain que cet homme de 52 ans, originaire du Mississippi, risque 120 ans de prison pour avoir violé des truies. Pas sûr que sa semence voyage en jet privé. »

Photos : Maury Golini.

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