Une âme italienne

J’ai osé le « test à la con » sur Facebook. Vous moquez pas, on y a tous succombé à un moment ou à un autre. Ça me fait penser aux gens qui jurent leurs grands dieux n’avoir jamais regardé un film porno, se drapant dans une morale bon chic bon genre. Les hypocrites ! Putain, faut assumer. Alors oui, il m’arrive de participer à des tests à la con. Pour le reste, je ne parlerai qu’en présence de mon avocat !

Le test en question vous propose de trouver une nationalité à votre âme. Autant dire que c’est le genre de passe-temps qui s’intercale très bien entre la douche et les céréales, quand vos neurones regimbent à sortir du lit que vous avez quitté 20 minutes plus tôt. Moi, je vais sur Facebook, ça me détend. Je ris, parfois je pleure… de dépit. 

Donc ce jeu. C’est pas compliqué et ça prend à peine une minute, disons deux si vous avez fait la rumba la veille… Après quoi le verdict apparaît. C’est là que j’ai appris que mon âme était italienne. J’avoue que si elle avait été afghane, mongolienne… ou pire, luxembourgeoise !, j’aurais été moins prompt à en diffuser le résultat. Mais italien, ç’a de la classe quand même ! J’avais d’ailleurs dédié un jour une de mes chroniques à ce peuple élu de la mode. Vous ne pouvez rien contre un Italien. Il est l’élégance incarnée, c’est comme ça : programmé pour t’en mettre plein la vue. Tu lui donnes un vêtement miteux, il en fait une œuvre d’art ! Sur toi, ça fait famille Bidochon, les rats se foutent de ta gueule. Pas sur lui. Le Rital, il embellit tout avec sa grâce naturelle. Faites le test. Les Italiens, c’est comme les mannequins dans les vitrines des magasins. Ils mettent en valeur les nouvelles collections, alors forcément tu te dis que sur toi ça va être la même chose… Mais une fois dans la cabine d’essayage, tu déchantes. C’est quoi ce bordel ? Pourtant à ce con (oui, on est un peu énervé à ce moment-précis) il lui allait super bien…

Fermons cette parenthèse pour en revenir à mon âme spaghettis. Voici ce qui est apparu devant mes yeux :

« Tu es quelqu’un de très solaire et dynamique. Tu aimes croquer la vie à pleines dents, mais gare à celui qui te marche sur les pieds : là, tu peux vraiment te fâcher. Tu aimes bien manger, avoir une bonne apparence et boire des bons vins. En outre, tu adores ta famille, encore plus que tes amis. Tu aimes voyager, mais tu ne fêterais JAMAIS Noël sans ta mère ! »

Maintenant, l’analyse :

C’est quasiment moi ! Ma modestie dût-elle en souffrir, je dois avouer que ce portrait pré-mâché est assez proche de la réalité.

Solaire : j’ai pas souvenir que des amis aient été victimes de coup de soleil après m’avoir regardé, ou aient été obligés de chausser des lunettes avec des verres fumés pour poursuivre une conversation en ma compagnie.

Dynamique : à 7 h au réveil, j’emploierai pas ce mot, mais je pense être une personne dynamique, même si c’est de façon aléatoire.

Tu aimes croquer la vie à pleines dents : bon ben là, on est dans le vif du sujet ! Je vais pas faire un exposé sur ma vie – d’autant que le réalisateur québécois Xavier Dolan, celui à qui l’on doit Mommy – qui n’est ni un documentaire sur l’Égypte ni un film fantastique mettant en scène un pharaon zombie atrabilaire, projette de faire un biopic sur la mienne, en raison, m’a-t-il dit, de ses incroyables rebondissements et sa sexualité austère. Mais c’est vrai que j’aime croquer la vie, mais aussi des pommes, des femmes (accessoirement déjà prises) et aussi des portraits…

Mais gare à celui qui te marche sur les pieds : oui, j’ai la rancune tenace et une mémoire d’éléphant ! Sans doute un relent de ce sang italien (calabrais même) qui, paraît-il, coule dans mes veines. Je suis pas Jésus Christ : si tu me frappes sur la joue gauche, je te tends le poing droit. 

Tu aimes bien manger, avoir une bonne apparence et boire des bons vins : c’est vrai que j’aime bien manger. Un ogre ! Quand la faim me saisit, je mange pas, j’avale, j’engloutis. J’ai un faible pour la bouffe conviviale, celle qui se contente par exemple d’une baguette, d’un morceau de fromage ou de saucisson, le tout agrémenté d’un verre de vin, blanc de préférence. Le rouge, très peu pour moi. Pour l’apparence, difficile là encore de dire le contraire. Une vraie gonzesse ! Faire les magasins a toujours été un plaisir, et à croire les nombreux témoignages entendus depuis que j’ai coupé le cordon vestimentaire avec ma mère, j’ai plutôt bon goût, cette notion étant éminemment subjective. 

En outre tu adores ta famille, encore plus que tes amis : je dois nuancer… J’adore effectivement ma famille, et je suis très chanceux d’avoir une mère et une sœur comme les miennes, ce qui n’enlève rien à l’affection et au respect que je porte aux autres membres de ce clan, qu’il soit d’origine contrôlée ou reconstitués… Mais j’ai toujours considéré mes amis – je parle des fidèles – comme des membres de cette famille, au point où je m’efforce, autant que faire se peut, d’en voir le maximum à chacun de mes retours en France. 

Tu aimes voyager, mais tu ne fêterais JAMAIS Noël sans ta mère ! : nous y voilà donc ! Je dois dire que cette phase m’a fait sourire, et je peux avancer sans me tromper que des amis en France auront la même réaction, ils savent sans doute de quoi je parle ! 😉 Passons mes désirs d’évasion. Oui, j’aime voyager, sans toutefois rattacher ce verbe à des distances lointaines. On pense souvent, à tort, que le voyage implique un avion, un train ou un bateau, quand une paire de chaussures de marche peut vous procurer autant d’émotion qu’un décollage… Sans oublier toutes ces escapades qui empruntent le moyen de transport le plus sûr et le plus agréable du monde : l’imagination !

C’est vrai que je ne fêterai jamais Noël sans ma mère. En fait, ça m’est arrivé une fois, et je n’en suis pas mort ! Je pense que c’est peut-être ce rapport entretenu avec la mamma – bien que la mienne soit juive sur les bords (il est bô mon fils !) – qui donne à mon âme sa couleur italienne. Car elle est sacrée la mamma, et on la respecte ! La mienne a parfois pris mes fesses pour un djembé quand le môme caractériel que j’étais lui en faisait voir de toutes les couleurs. Et puis comme tout Italien qui se respecte, une fois de retour dans le cocon familial, je salive à l’idée de savourer ses bons petits plats. Ma mère s’empresse d’ailleurs toujours de me demander ce qui me ferait plaisir, comme si je revenais d’une mission miliaire dans la jungle ou que je sortais d’un régime centré sur la poutine et le hot dog… 

Mon âme se sent donc d’humeur italienne. Mon goût pour les fringues, mon appétence pour les plats de ce pays, la mère hautement respectée, une ex (hélas plus de ce monde) qui en était imbibée… Tout s’explique. Jusqu’à mes virées quasi quotidiennes dans la Petite Italie, qui jouxte mon quartier montréalais.

Il ne me reste plus qu’à apprendre la langue et à acheter un scooter ! 😉

 

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