Une journée pas comme les autres

Il y a parfois des journées où rien ne se passe comme prévu. Ça nous est tous arrivé. Cela a son charme quand les événements qui se mettent en travers de votre route sont amusants. Moi, j’y ai eu droit pas plus tard que dimanche… Je vous raconte :

Ça a commencé au Gym, dans cet endroit fleurant bon la testostérone et les gros biscotos (l’ordinateur vient de me proposer biscottes). Il arrive que certains appareils de musculation soient occupés, j’ai alors pour habitude d’attendre que la place se libère. Cette situation s’est produite à la fin de ma séance, alors que je m’apprêtais à faire travailler cette partie de mon anatomie rétive au plat pays qui est le sien : mes abdos. Arrivé devant la machine : une fille. Mince ! Gironde. Des seins comme des obus prêts à te péter à la gueule. De son propre chef, elle me propose d’alterner l’exercice avec elle. Je saisis la perche. Quand arrive mon tour, une fois ma répétition terminée, je remets la charge qui était la sienne. Elle me fixe, un peu surprise, puis me lâche, un peu gourde : « Vous avez une meilleure mémoire que moi ! » Donc, je résume : elle n’avait qu’à enfoncer la tige en fer dans le trou situé sous la plaque indiquant 25 kg. C’est tout. Et elle, elle me parle de mémoire, du haut de ses 25 ans à tout casser ! Première fois que je croise une femme poisson rouge… 

Dans la douche, ça a continué, les trucs bizarres. À peine entré, quelqu’un toque à la porte vitrée, embuée sous l’effet de la moiteur ambiante… Moi, pour le prévenir : « Y a quelqu’un… » Le mec insiste (soit il est homo, soit facteur). J’entrouvre la porte, prêt à lui décocher une droite si c’est une ruse pour me reluquer la bite. Lui, avec un fort accent couscous : « Monsieur, faut mettre des sandales… » Moi, en regardant vers la zone incriminée, avec une forte envie de lui répondre : « Parce que tu crois que celles que je porte, je les ai dessinées directement sur mes pieds ?! » Lui, en suivant mon regard : « Oh pardon, je me suis trompé de personne… » 

Plus tard, je quitte mon appartement, direction la boulangerie. Sur le palier du premier niveau, je tombe nez-à-nez avec mon voisin du dessous. Enfin je suppose que c’est lui. Il n’est pas comme d’habitude. Je suis face à un Écossais, avec le kit complet, incluant kilt et étendard… Sur le coup, je repense au film Braveheart, réalisé par Mel Gibson. Je ne lui pose pas la question, mais je devine qu’il ne part pas faire ses courses ou chasser la tourterelle dans cette tenue. Je le regarde s’éloigner sur le trottoir, dans cet accoutrement qui jure dans la routine ambiante et égaie ma journée… Depuis, je ne l’ai pas revu. J’espère qu’il n’est pas mort sur le champ de bataille…

J’arrive à la boulangerie, portugaise au passage. Les vendeuses sont bien nourries. Si demain Montréal est assiégée, elles tiendront 6 mois sans problème. Gonflées, mais serviables. Toujours un sourire. Quand je rentre dans ce commerce, c’est toujours pour la même chose : leurs pains ronds. Pas chers et bons. Ce jour-là, j’en prends trois.  Une fois placés dans leur emballage, elle se tourne vers moi :

– « Ce s’ra tout ? »

Moi :

– Oui.

Elle, se dirigeant vers la caisse :

« Autre chose ? »

Moi (pensant avoir été clair juste avant):

– Non.

Puis, une fois devant la caisse :

« Autre chose ? »

Moi, résistant courageusement à ce matraquage commercial :

– Non.

Je sais pas ce qui s’est passé. Un bug. À force de débiter toujours les mêmes phrases à la clientèle, on ne fait plus attention, ça devient machinal, genre : « Vous avez l’heure s’il vous plaît ? » Elle : « Autre chose ? » Du quotidien qui a trop mariné dans la cervelle. Ça me fait penser à Platini distribuant les médailles lors de la dernière finale de la Ligue des Champions. On aurait cru qu’il bossait à la chaîne, si ce n’est les marques de sympathie ou les quelques bons mots qu’il adressait, avec une petite tape sur l’épaule ou sur la joue, à quelques joueurs plus familiers. Je pense que si l’on avait remplacé les joueurs par des vaches, le patron de l’UEFA n’y aurait vu que du feu ! Fermons la parenthèse…

Deux jours plus tard, c’est moi qui m’illustrait. Du Olivier distrait grand cru ! Rendez-vous avec un chanteur québécois dans le cadre d’un article pour un magazine français. Son attaché de presse a fixé la rencontre à 16h. Je suis ponctuel : 15h45. 16h30, toujours personne. Je décide d’envoyer un courriel à notre interlocuteur commun. Cinq minutes plus tard, je distingue une silhouette à l’entrée qui ressemble à mon artiste. Il me renvoie mon signe de la main. OK, c’est lui… ou un mec qui pense que je joue à un jeu. Arrivé à ma hauteur :

« C’est toi Olivier ? »

Moi : « Oui. » 

Lui, hilare : « En fait, on avait rendez-vous dans le café à côté ! Ça fait trois quarts que j’attends… » 

Moi, après avoir regardé l’enseigne : « Ah oui, en effet ! »

Lui : « Je finis ma bière et j’arrive ! »

Moi, intérieurement : bon ben voilà un peu de nourriture pour mon blog…

C’est fait ! 

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