Chez moi (1)

Aujourd’hui : mes tasses à cafés

Refusant de privilégier l’une plutôt que l’autre, et pour ne pas faire de jalouses (elles sont très susceptibles !), j’ai opté pour la photo de groupe. Elles étaient plus nombreuses avant, mais entre-temps, certaines m’ont quitté. L’une d’elle a été abandonnée, une autre a fait une chute mortelle sur le sol de ma cuisine, et je soupçonne la dernière d’avoir tenté de mettre fin à ses jours, comme le laissait supposer cette fêlure qui menaçait son anse (j’ai moi-même abrégé ses souffrances en me prenant pour un lanceur de baseball).

« Elles », ce sont mes tasses à café. Il y a aussi des mugs, mais, une fois n’est pas coutume, j’ai décidé de donner préséance au féminin, dans le fol espoir qu’une femme – normale si possible – daigne se jeter dans mes bras, séduite par ce souci d’égalité qui m’étreint soudain. Je n’ai pas inclus mes bols dans cette petite présentation, puisqu’ils remplissent une autre fonction (j’y reviendrai une autre fois).

Donc, mes tasses. Comme vous pouvez le constater, j’aime la diversité. Les matières, les formes et les contenances diffèrent. Trois d’entres elles (celles qui sont cabossées, je les récupérées dans un foyer de tasses battues) m’ont suivi de France, les autres ont été achetées au gré de mes pérégrinations. J’ai toujours eu un faible pour les tasses, comme j’ai toujours eu un faible pour le café, latte de préférence. Pas un jour ne passe sans un arrêt dans un café, c’est presque un rituel. Je consacre près d’une centaine de dollars par mois à ce rituel, c’est dire le niveau de mon appétence. Je pourrais faire il est vrai de belles économies en sirotant mon breuvage à la maison, mais je reste accro à l’ambiance si particulière de ces lieux où la faune urbaine se donne rendez-vous, et où tant d’anonymes vaquent à des occupations aussi diverses que la lecture, l’écriture, le dialogue et accessoirement la reproduction, ce qui est extrêmement rare je vous l’accorde…

Oui, je suis un amateur de café, et avec le temps, je suis devenu un expert des bonnes adresses in Montreal. J’aime sautiller d’un endroit à un autre, butiner les crèmes, me perdre dans l’onctuosité… Tout est une question de feeling. J’ai remarqué que je me comportais avec les cafés comme dans la vie : quand je me lasse, je change de crèmerie. Il m’arrive de revenir à mes premières amours, de renouer contact avec une ancienne adresse. Comme il m’arrive aussi de tirer un trait sur un commerce à cause de l’attitude inhospitalière du gérant ou d’un(e) serveur(euse). Ça me rappelle ce très beau café à Metz où je ne mettais quasiment plus les pieds, à cause d’une incompatibilité avec les gueules d’outre-tombe des proprios, lesquels, sans doute pleins aux as, ne voyaient pas l’utilité de pratiquer des horaires fixes. Avec eux, c’était au petit bonheur la chance ! Franchement, vous auriez envie de revenir dans un endroit où, à peine la porte franchie, la première question que vous inspire la mine réjouie des patrons est : « Qui est mort aujourd’hui ? »

Si je m’écoutais, j’enrichirais ma petite collection de tasses. Il m’arrive de détourner le regard quand l’une d’elles me fait du charme sur l’étal d’une boutique ou derrière une vitrine. Chez moi, j’ai tendance à privilégier la grosse brune. C’est une Starbuck, comme sa sœur cadette, la rouge. Je trouve leurs boissons un peu chères à mon goût mais leurs tasses sont pas mal…

Concernant les deux modèles « camping », je les ai choisis pour leur couleur; je les destine en général au thé et aux tisanes…

Mais celle qui a le plus de valeur à mes yeux est un cadeau de ma sœur. Si sa forme est on ne peut plus banale, son apparence est unique, en raison de la photo qui l’habille. Quand je me sers de cette tasse, je vois la frangine avec sa fille Emma. Je souris à chaque fois car ma nièce a bien grandi depuis. Elle est devenue une ado, passant du tonton adoré au gros naze… On les voit exhiber leurs mains recouvertes de Henné après des vacances passées au Maroc.

Les trois dernières sont un peu les laissées-pour-compte. C’est pas que je les aime pas, mais leur faible contenance limite nos échanges. Elles renouent avec la lumière quand il me prend l’envie de siroter un petit café bien corsé, comme le rital que je suis en surface…

Voilà, il me paraissait logique de débuter cette rubrique avec ces objets dont j’apprécie tant la chaleur en hiver (mes paumes de main peuvent en témoigner) et qui m’invitent à ralentir quand la journée va trop vite. 

Prochaine visite : la radio dans ma cuisine.

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2 replies »

  1. Ah mais c’est une bonne idée de nous jaser de l’ordinaire. Tu as tellement le tour avec les mots que même une parcelle de poussière sera intéressante à lire venant de toi. Je ne crains pas pour ton inspiration !
    Bonne écriture et en attendant la suite je lève mon MUg de café à ton inspiration.

    J'aime

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