Chez moi (3)

Aujourd’hui : ma poubelle

20150704_131408Une précision pour commencer : quand j’écris « poubelle », je ne fais pas référence à ma voiture. De toute façon, j’en ai pas. Mais par le passé, j’en ai conduit deux, des poubelles. J’ai étrenné mon permis de conduire avec la première, un pot de yaourt qui louvoyait dès que je faisais monter deux passagers. La seconde m’a bien dépanné, dans cette parenthèse française qui fut la mienne de mars 2010 à juin 2011, alors que j’avais entamé des démarches pour obtenir ma résidence permanente au Québec. Je roulais à l’époque en Smart, un vieux modèle je précise. Elle m’a même inspiré un texte dans un de mes bouquins. Le titre : « Je conduis un jouet. » Je crois que tout est dit. Le véhicule anti-drague par excellence ! Dépassement interdit (impossible de toute façon) dans les côtes, sorties prohibées en cas de temps venteux, départ en vacances carrément compromis vu la taille du coffre… Quant aux parties de jambes en l’air, elles relèvent du fantasme, le capot avant n’étant même pas digne d’un lustrage de la carrosserie avec les fesses de sa partenaire…

Non, en fait, je veux juste vous entretenir de ma poubelle à déchets. Je dois vous avouer que nous gardons nos distances, elle et moi. Sans doute sa laideur intérieure. Pourtant, elle n’est pas désagréable vu de l’extérieur. Je crois que les poubelles ont été inventées pour nous rappeler qu’il faut se méfier des apparences. Le dehors et le dedans. Comme un Kinder Surprise : tu as chaviré sur le chocolat, mais le petit œuf jaune qu’il enrobait te laisse un peu sur ta faim. C’est tout ? Oui, c’est tout. Pour paraphraser Johnny Halliday, on a tous en nous quelque chose de Kinder Surprise (bon, là, faut s’intéresser un peu au répertoire de l’idole des jeunes et c’est pas gagné).

Nous vivons une relation conjugale pragmatique. Il m’arrive de lui faire sa toilette quand son odeur indispose mes narines. Deux à trois fois par semaine, je lui vide les intestins. C’est le problème avec les poubelles : elles ne sont pas autonomes. La mienne, je l’ai achetée chez Ikea. J’avais le choix entre ivoire et gris ferraille, comme celles, toutes cabossées, que l’on croise parfois dans la rue. J’aimais bien son petit côté rétro (comme ma radio), et son gabarit convenait parfaitement à mon taux de déjection alimentaire hebdomadaire.

Récemment, je l’ai décorée avec quelques auto-collants à l’effigie des FrancoFolies de Montréal. Je trouve que ça lui donne plus de style, et pour le coup, je lui accorde un peu plus d’attention. C’est fou comme de petites choses peuvent changer votre perception.

Faudrait que j’essaie sur des humains, mais suis pas sûr du résultat…

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