Buriner n’est pas baiser

Aujourd’hui, je me suis fait arrêter par une femme flic. J’étais sur mon vélo, je roulais normalement, j’étais même quasiment à l’arrêt quand elle m’a fait signe de stopper mon deux-roues, lequel s’est cabré en signe de désapprobation (par chance, j’étais bien cramponné au guidon).

Sur le coup, j’ai pas compris. Je venais de quitter une réunion de travail. J’étais donc sobre, propre sur moi, les mollets saillants et le fessier un peu dur (putain de selle). Je me demandais bien ce qui allait sortir de sa bouche, vu que je n’avais pas non plus grillé de feu rouge, et encore moins adressé un majeur vindicatif à un automobiliste aveugle (clin d’œil à une ancienne chronique). Et plutôt jolie la fille, enfin je veux dire la policière…

Au lieu de me pimenter les pupilles avec du poivre de Cayenne, un classique ces derniers temps au SPVM (Service de police de la ville de Montréal), cette dernière m’a demandé gentiment si je voulais faire buriner mon vélo.

« Buriner »… Je sais pas pour vous, mais pour moi ce verbe a une connotation sexuelle. Peut-être le « B » qui me fait penser à baiser et ses nombreuses déclinaisons grivoises (bourrer, butiner, brouter…). J’avoue que c’est pas très glamour, on évitera donc de l’employer avec son amoureuse, surtout si cette dernière a pris religion première langue, ou si dans sa tête « zut » appartient aux jurons à immoler sur le bûcher de sa moralité. Donc, sous le coup de la surprise, et encore tout content d’en être quitte pour une amende ou un matraquage en règle, j’ai cru entendre « vous voulez buriner ? » 

Et puis, comme par magie, une autre phrase est venue se poser sur cette illusion linguistique : « Vous voulez faire buriner votre vélo ? » Un « faire » et un « votre vélo » venaient de me sauver la mise et en même temps briser mes illusions.

Il faut savoir que la police de Montréal procède parfois, gratuitement et avec l’accord des cyclistes, à cette immatriculation censée dissuader les voleurs de bicycles, ou à tout le moins permettre aux forces de l’ordre de restituer le vélo à son propriétaire quand celui-ci a été retrouvé, les probabilités étant très minces je vous l’accorde.

J’ai donc accepté de faire buriner mon bolide. Je suis fier de lui, il n’a même pas pleuré.

La prochaine fois que j’ai une chérie, je la fait buriner. Comme ça, si elle me quitte, je la retrouve ! 

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