Une branche d’Olivier

Je viens de retomber sur le texte d’une amie datant du 25 juillet 2004. À l’époque, j’arrosais déjà mon entourage avec des tranches de vie sur le Net. J’avais lancé l’idée d’une petite rubrique me concernant. Moi qui avais pour habitude d’égratigner ou d’écrire sur mes proches, je m’étais dit que l’inverse était aussi possible. Certains avaient joué le jeu… Comme cette amie. Voici sa prose que je vous livre, un peu gêné…

« C’est un matin comme les autres, un dimanche, mais bon…

On se sent parfois bizarre… pas mal…, pas bien…, un brin de nostalgie et une grande bouffée d’humanité. Ça oppresse la cage thoracique, les larmes montent aux yeux, mais on se sent bien, on se sent vivre… Il y a des matins comme cela.

On ouvre la boîte mail… Sait-on jamais, quelqu’un aura peut-être pensé à nous envoyer autre chose que des images stupides dites humoristiques, sait-on jamais, quelqu’un aura peut-être eu envie de nous contacter, “en vrai“… Et puis on tombe sur une petite tranche de vie. On s’en nourrit avidement, comme s’il s’agissait d’une tranche de pain, vitale. La fermière, précieusement conservée, n’a pas encore eu le temps de se dessécher, on n’en a pas perdu une miette.

Voici donc ma tranche pour ce dimanche matin, un peu de beurre, de la confiture ? Non, juste une piqûre de rappel, loin des sunlights et du microcosme journalistique. Comme un flash, un électrochoc… Rien d’exceptionnel en fait, mais si précieux, si rassurant… Oui, il reste des êtres humains sur cette Terre ! Ça, c’est un scoop, mais que fait la presse ? Où sont les envoyés spéciaux ? Où ai-je foutu le numéro de portable de PPDA ? STOP ! Arrêtez la circulation, appelez les gendarmes…

Il est là : OLIVIER.

Je me sens gênée à devoir le décrire ici, et je sais que s’il lui était donné de lire ces lignes, il le serait aussi. Mais il y a trop de non-dits dans cette vie. J’y vais !

Je l’ai rencontré un jour… je ne sais plus quand. À Sarrebourg. Pressé, toujours pressé, en train de courir. Après quoi ? Courir pour la forme, le sport comme exutoire, comme lieu convivial aussi, point de rencontre et hygiène de vie incontournable. Je l’ai vu travailleur, attentif aux autres, tendre et chahuteur, parfois maladroit, toujours curieux et sincère. Adepte de l’humour vache, du comique récurrent, on sait qu’on va passer une bonne soirée avec lui.

Olivier devrait se prénommer Artichaut. Pour deux raisons évidentes. Tout d’abord parce qu’il y a plusieurs couches. En surface, le speedé déconneur, et tout le reste derrière qui lui donne une valeur inestimable, vingt tonnes de sentiments parfois mal dissimulés, gentillesse et dévouement (j’arrête là, je crois qu’on a compris le propos). La seconde raison pour Artichaut (on me voit venir ?) concerne son petit cœur. Olivier-Artichaut aimerait aimer sans retenue et libérer les chevaux blancs qu’il garde en lui, les cascades de roses qu’il a laissées grandir. Il aimerait offrir ses rêves pour mieux les partager. S’est-il brûlé à force de contenir cette énergie, est-il cramoisi de l’intérieur ? Non. Mais pourquoi n’a-t-il rencontré que des Juliettes hypophobes, que des Vénus exigeant des roses sans épines, que des Capucines flétries au petit matin ? Mystère. Injustice ? Je préfère garder l’idée de promesse.

L’artichaut est une plante vivace, aux feuilles dentelées, mais non piquantes. Lorsque l’on cueille les fruits précocement, on le mange en vinaigrette. Mais lorsqu’on laisse le temps à l’artichaut, il ouvre ses pétales pour offrir aux yeux du monde une fleur bleu-mauve superbe.

Laissons donc le temps à notre Olivier.

Merci pour Lourdes, merci pour tous ces moments anodins. Merci de rester toi, si précieux… Merci de laisser les petites abeilles que nous sommes butiner ta fleur d’artichaut. Il faut cultiver son jardin, disait le philosophe. Quel beau jardin nous formons avec autant de variétés de plantes… »

PS : une amie m’a récemment écrit que je leur manquais beaucoup (incluant son conjoint). Ça m’a fait un bien fou ! N’oublions pas de temps à autre de dire (ou d’écrire) à ceux et celles que nous aimons qu’ils vous manquent. Il n’y a rien de honteux ou de puéril, bien au contraire… Merci à l’auteure de ces lignes, qui me manque autant que son mari… je précise pour éviter toute spéculation 🙂

Et à mes amis, les vrais, ceux qui me prennent comme je suis : vous me manquez aussi beaucoup ! 

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