Suzanne… anyways

J’ai vu Suzanne Clément. Oui, je sais, en additionnant Suzanne + Clément, vous vous dites qu’on va jaser déambulateur et bas contre les varices. Eh bien non, car derrière ce prénom et ce nom qui sentent à première vue le renfermé se cache une grande actrice québécoise. Si vous êtes un tantinet cinéphile, vous l’avez sans doute vue dans le magnifique Mommy de Xavier Dolan, également immatriculé au Québec. Je précise, pour les non cinéphiles justement, ou pour ceux qui confondent 7e art avec Disneyland, que ça n’a rien à voir avec cette production abêtissante où un prêtre égyptien plus très frais affronte des succédanés d’Indiana Jones qui l’ont ramené à la vie. Personnellement, j’ai préféré Laurence Anyways, du même réalisateur, dans lequel la comédienne étale son jeu intense et où le comédien français Melvin Poupaud est incroyable lui aussi.

Donc, j’ai vu Suzanne Clément. Pas dans un rêve, ni entre deux bouffées d’herbe jamaïcaines ou dans la grotte de Lourdes. En chair et en os je veux dire, juste à côté de moi, dans un café où je vais finir canonisé à force de le fréquenter assidûment. Enfin pas à la même table non plus, mais assez proche pour sentir son parfum et louvoyer dans des ruelles lubriques. Au début, j’étais pas trop sûr que ce soit elle. Il y a toujours un petit temps d’hésitation dans ces moments-là. Partant du principe qu’on a tous un sosie sur cette Terre, on avance sur la pointe des pieds vers la certitude, on tâtonne avant d’enlacer. Pour en avoir le cœur net, j’ai dépêché auprès d’elle quelques œillades indiscrètes, à la sauvette quoi, le genre mou de la pupille. J’aurais pu opter pour le regard de bovin, avec en prime la lèvre inférieure ankylosée et la bave qui se fait la belle. Mais je reste un gentleman cambrioleur. Voler avec doigté n’a jamais été un crime…

Une fois mes doutes dissipés, une petite voix s’est incrustée dans mes pensées. Pendant qu’elle pianotait son ordinateur avec célérité, comme moi d’ailleurs (putain un point commun !), je visualisais quelques techniques d’approches, de la plus pourrie… à la plus pourrie. Face à une vedette ou une personne intimidante, on ne sait jamais trop comment s’y prendre, on tergiverse. Moi, je mourrai d’envie de l’accoster, juste pour lui dire que je l’aimais en tant qu’actrice, sans arrière-pensée, mais avec un mouchoir à portée de mains, au cas où mon trop-plein d’émotion débride mes nasaux, au risque de réduire à néant un entrain cacochyme.

N’étant pas un caméléon, je n’ai pas réussi à l’observer sans bouger la tête (la nature est mal faite), elle qui se trouvait à ma gauche. Pour me donner une contenance et ne pas avoir l’air d’un glandeur, je tapais de temps à autre quelques mots sur mon écran. Je faisais illusion, je jouais moi aussi la comédie. J’ai quand même eu le temps de m’apercevoir qu’elle était plus petite que dans dans ma télé. La vôtre, je sais pas, mais dans la mienne, elle me semblait plus grande. Pas au point d’entamer une carrière dans le basketball, mais disons que j’avais pas prévu qu’elle menace ma mère sur le terrain des gens de petite taille (1,50 m cheveux inclus). Je la voyais aussi plus charpentée, en tout cas moins affûtée que cette silhouette tout à son avantage dans un pantalon moulant. Encore que dans Laurence Anyways, je m’étais dit, en découvrant ses jambes bien galbées, que c’était sûrement une sportive. Pour mesurer l’intelligence, je lis dans les fesses, mais là c’était pas possible comme vous pouvez l’imaginer…

Voilà, j’ai bu un café avec Suzanne Clément, comme je l’ai écrit sur ma page Facebook, avant de préciser par la suite, pour couper court à toute spéculation sur une reprise de mon activité sexuelle, que je me trouvais à la table à côté d’elle. Je me dis qu’elle habite peut-être le quartier, avec donc la possibilité de la revoir dans ce lieu que j’apprécie tant. Et si ça se trouve, elle atterrira par hasard sur ce blog…

Si tel est le cas, je lui dirais ceci : j’espère vous avoir fait sourire avec ces quelques lignes issues d’une imagination trop fertile. 

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