Le Canadien dans le pétrin

Ça faisait longtemps que je n’avais pas parlé du Canadien de Montréal sur ce site. Je dois cette réminiscence à un ami breton. Je vous arrête tout de suite : la Bretagne n’est pas une tare, pas plus que cette Lorraine dont je me revendique. Nous avons en commun une météo déprimante, avec un léger avantage pour ma région natale, absence d’océan oblige. Je critique, je critique, mais je l’aime ma Lorraine.

Donc, mon ami breton, enfin je crois pouvoir utiliser le mot « ami ». Je ne le vois plus depuis qu’il a quitté le Québec, mais ça n’empêche pas le respect, hein ? La distance, le silence… tout ça ce sont des foutaises, enfin de mon point de vue. Après, il y a toujours un ami qui sort un joli couteau et vous le plante dans le dos, ça arrive, c’est la vie.

Je garde un bon souvenir de cet infirmier batteur à ses heures, et je suis ravi de lui avoir fait découvrir le Bas-Saint-Laurent, où nous avons passé un agréable moment. Je vais pas le nommer, il se reconnaîtra. Le bonhomme est un habitué de ce blog, tout comme sa mère (enfin je crois), son ex (là je m’avance) et son frère, enfin celui que je connais (il en a deux), dont je garde aussi un très bon souvenir.

Mais revenons à ce qui m’amène ici : le CH. Je dois à cette équipe mythique d’avoir découvert le hockey et de lui avoir consenti une once d’intérêt. En fait, elle m’a contaminé. J’ai lu des livres sur elle et son célèbre attaquant, le Rocket, surnom donné à Maurice Richard, un Félix Leclerc sur patins qui a brandi bien haut l’étendard de la fierté québécoise au prix de performances et d’exploits sans équivalent ou presque à l’époque (on parle des années 50-60). Tout ça pour dire que je ne suis pas insensible à cette formation affublée de différents surnoms comme Les Glorieux, au point où je me suis retrouvé un jour sur un plateau TV, après avoir pondu un texte sur ma passion soudaine pour cette formation détentrice de 24 coupes Stanley (un record).

Si mon kouign-amann d’ami m’a rappelé au bon souvenir de la Sainte Flanelle (encore un surnom), c’est parce que ça va pas fort. Je ferai court : après un départ canon en championnat, au point de trôner en tête de la LNH, l’équipe a enchaîné défaite sur défaite, assez pour être exclue des séries si le championnat s’arrêtait aujourd’hui. Disons que son parcours est à l’image de l’hiver que le Québec traverse cette année : déroutant. À qui la faute ? À une blessure principalement. Celle du joueur vedette, nul autre que le gardien Carey Price. Sans doute le meilleur au monde à son poste actuellement. Technique au-dessus de la moyenne, calme à toute épreuve. Bref, quand ce mec décide de fermer la porte à double tours, l’adversaire en est réduit à bourdonner autour de son territoire intime. Toujours un plaisir d’observer un athlète au firmament.

Islanders Canadiens Hockey

Crédit : Paul Chiasson, Presse Canadienne.

Ils sont nombreux à avoir laissé entendre que sans cet homme providentiel, le CH redevenait une équipe ordinaire, et faut bien avouer que le contexte actuel leur donne raison, même si c’est un raccourci un peu facile. Ce qui n’aide pas non plus, c’est que ses remplaçants n’ont ni ses compétences ni son aura dans le vestiaire, alors forcément les rondelles entrent plus facilement. Il faut aussi mentionner que d’autres joueurs étoiles de l’organisation jouent en deçà de leur statut et leur potentiel, que l’on pense entre autres à Markov, général usé de la brigade défensive, ou du charismatique PK Subban, aussi exubérant que talentueux, qui compile les revirements dans sa zone au mépris de cette assurance qui ferait le plus grand bien à ses coéquipiers.

Ce n’est donc pas la joie dans le vestiaire montréalais ces temps-ci. Au grand dam des fans, qui se prenaient à rêver à une saison de tous les possibles après ce départ tonitruant dont je faisais mention plus haut. Parenthèse: j’inclus le fan de base, zélateur patenté, celui qui a banni le mot « retenue » de son vocabulaire. Trois victoires de suite et il propulse le Canadien sur le trône suprême, nanti de cette discrétion propre au taureau en pleine copulation; trois défaites d’affilée et il réclame un changement en profondeur et la tête de 2 ou 3 joueurs… Je vous laisse imaginer le vertige qui s’empare des réseaux sociaux quand tout va mal !

Donc, on en est là, dans ce ventre mou du classement – pour reprendre une expression chère aux footeux en France – où l’excitation végète elle aussi. D’où ce message du copain breton à mon endroit, avec juste ce qu’il faut de goguenardise pour me titiller la couenne. Et le pire dans tout ça, c’est que je ne peux même pas me venger sur le terrain du football français, puisque Lorient, sa ville, évolue parmi l’élite, tandis que Metz, celle où j’ai vu le jour, bataille à l’échelon inférieur.

Par chance, le cidre ne fait pas le poids face à l’alcool de mirabelle, un réchauffe-gosier d’une efficacité redoutable !

On se console comme on peut. 🙂

Lire aussi mon article écrit pour le magazine Québec le Mag.

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1 reply »

  1. Tu as besoin de faire un séjour en Bretagne car la pomme révèle davantage de secrets que la mirabelle 😉
    Très beau récit comme toujours à quand un texte sur l’origine de la lorraine bière numéro un en Martinique ! Tu vois le talent s’exporte.

    J'aime

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