La Traversée de la Gaspésie : une aventure humaine (1)

 

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Dans le parc Forillon, après une belle montée et une vue imprenable sur le fleuve!

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Parfois en raquettes, ça monte !

Il y a une semaine, le 27 février plus exactement, je retrouvais Montréal après un séjour merveilleux en Gaspésie. J’avoue que l’on touche presque au pléonasme avec cette région envoûtante du Québec. On a envie de dire qu’un séjour est toujours merveilleux avec elle.

La vie n’étant jamais avare de cadeaux, j’ai eu la chance de prendre part à la 14e Traversée de la Gaspésie en ski de fond et en raquettes. Considérant mon amateurisme dans la première catégorie – et je suis poli envers moi-même – je m’étais rabattu sur les raquettes. Je précise tout de même, au cas où, que je fais référence à cet équipement bien pratique en hiver, lequel a été inventé pour faciliter les déplacements dans la neige. Je ne me suis donc pas mis au tennis.

J’ai participé à cette épreuve humaine et sportive dans le cadre de mon travail. Parfois, journaliste, ça a du bon ! J’avais une autre opinion le jour où l’on m’envoya couvrir l’insémination artificielle d’une femelle rhinocéros dans un zoo de France. Je vous fais pas un dessin, mais un spécialiste tout droit venu d’Allemagne qui enfonce son bras jusqu’à l’épaule dans l’anus de ce mammifère herbivore, après vous avoir gratifié de quelques excréments jetés ici et là avec désinvolture, ça ne fait plaisir ni aux yeux ni aux narines. Fermons cette parenthèse malodorante.

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Petite séance d’accordéon improvisée en haut du mont Pointu dans les Chic-Chocs.

« Une gang de malades »

Donc, la traversée de cette belle Gaspésie, que je découvrais pour la première fois sous son grand manteau blanc. La TDLG comme disent les initiés, ça se passe côté montagnes et côté mer. D’abord les Chic-Chocs, avec leurs enfilades de sommets dépassant les mille mètres, puis Gaspé et son proverbial parc Forillon du bout du monde, que j’avais quitté l’été passé avec des trémolos dans les semelles (c’est dur de quitter ce genre d’endroit). Avec le temps et le succès aidant, cette traversée a changé de calibre. D’une centaine de personnes à ses débuts, elle est passée aujourd’hui à plus de 200 participants, ce qui a contraint les organisateurs à revoir la logistique. Car si à l’origine on séjournait d’un village à un autre, cela n’est plus possible dans le format actuel. Il faut le vivre de l’intérieur pour constater à quel point la machine est grosse et bien huilée, mais aussi toute l’implication que cela engendre dans les coulisses, à commencer par celle des bénévoles, qui sont l’âme de cette aventure. La TDLG s’est aussi démocratisée, les parcours ont été raccourcis. La condition sine qua non pour ne pas perdre de vue son objectif premier, à savoir faire découvrir au plus grand nombre la Gaspésie et ses habitants durant la période creuse de l’hiver. Car avant de devenir un must, cette grande marmite humaine où les contacts sont privilégiés, elle s’appelait Traversée des Laurentides (TDL) et était réservée à des purs et durs qui enchaînaient les distances de spartiates et souvent hors piste. On parle de 60 à 80 km de ski de fond chaque jour. Fous, vous avez dit ?

Je pourrais en écrire beaucoup sur la Traversée de la Gaspésie, et j’y reviendrai d’ailleurs à deux autres reprises sur ce blog. Un reportage est aussi prévu dans le prochain numéro hivernal du magazine Québec le Mag, à qui je dois en partie cette virée. Je pourrais en dire beaucoup comme la plupart des participants je pense, à commencer par les contaminés, ceux qui empilent les éditions ou commencent déjà à compter les jours à peine la dernière édition achevée.

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En passant par le parc Forillon…

Claudine Roy, femme ô combien inspirante derrière cet événement hors normes, a l’habitude de dire que personne n’est banal dans cette traversée où se retrouve une belle « gang de malades » comme elle le répète souvent. Je crois que c’est la principale leçon qu’il faut tirer de cette expérience. Constater que chacune de nos différences est belle à écouter, et se rappeler à quel point la vie vaut d’être vécue, même sur un sommet à – 30 battu par de fortes bourrasques. J’ai vécu ce sentiment de plénitude lors de la 2e journée, dont je vous joins la vidéo (voir plus bas). Je crois que les images se passent de commentaires.

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La musique accompagne la TDLG !

Je ne résiste pas à l’envie de greffer aussi le court-métrage relatant cette journée où la pluie a bien failli jouer les trouble-fêtes, n’eût été le professionnalisme de nos bergers, lesquels nous ont concocté dans l’urgence un joli bouquet d’activités aussi diverses que variées, dont du yoga sex, atelier singulier et drôle s’il en est auquel je n’ai pas participé. Ce jour-là, après une halte dans ce Café des artistes que j’aime tant (tout comme le Brise-Bise et sa notoire poutine aux crevettes), je suis allé écouter cette conférence durant laquelle Claudine nous a “un peu“ parlé d’elle et de son parcours. J’ai alors compris que cette femme, aussi, n’était pas banale, comme celle qui m’a mis au monde d’ailleurs. Je crois pouvoir avancer que la Gaspésie est chanceuse de pouvoir compter sur une ambassadrice de cette trempe, jamais avare d’un «  mon ami » ou d’une marque d’affection tactile, comme j’ai pu le constater par moi-même. Ça m’a rappelé mon premier marathon, le jour où ce coureur aguerri m’a dit que je faisais désormais partie de la grande famille des forçats du bitume…

La crête du Mont Vallières-de-Saint-Réal : magique !

Une journée pas comme les autres !

Pour en savoir plus sur la Traversée de la Gaspésie et visionner les autres vidéos.

À suivre : le « tsunamour » d’Yves Tessier.

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1 reply »

  1. Belles et vives sensations à chaud de cette évasion suante à fleur de crêtes. L’intérêt de survivre en groupe et de profiter du grand blanc tout en ménageant ses muscles, c’est beau, vivement ta prochaine contade sur ta raquette story. Et merci pour les images, la tdlg, on en re-veut.

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