Chez moi (5)


Aujourd’hui : le réveil de ma chambre

20160405_210127~2La star du jour est donc un objet que l’on maudit souvent, et qu’on maltraite parfois : le réveil. Le mien, je l’ai réduit au silence. Je veux dire par là que je ne programme jamais l’alarme, je me suis toujours fié à mon horloge intérieure. L’heure du lever s’inscrit dans ma tête, ça marche à tous les coups. Moi et l’heure, on est complices. Bon, parfois, la machine se grippe, l’élastique de ma rigueur soviétique se détend un peu. Comme récemment, alors que j’avais rendez-vous chez mon comptable à 8h30. Je suis finalement arrivé avec un quart d’heure de retard. La mise en route a été brutale. On a tous vécu ça au moins une fois : on ouvre les yeux, on bâille pour donner plus de style à son comeback, on s’étire et puis on tourne tranquillement la tête vers le réveil. Et là, c’est la cata ! On cligne des yeux ou on chausse ses lunettes pour en avoir le cœur net. Le réveil est sans pitié : tu t’es bien levé avec une heure de retard. Tu veux éructer des mots salaces pour faire contrepoids à la stupeur, mais à 8h, le dico est lui aussi un peu froissé.

Ce jour-là, pour limiter les dégâts, j’ai fait abstraction de la douche et du petit-déjeuner, d’où cette impression tenace d’avoir peint ma nuit en blanc. J’ai même cru que j’étais sorti de discothèque et que j’avais fait une micro sieste habillé.

Pourquoi avoir acheté un réveil ? (question pertinente et je vous remercie de me l’avoir posée) Et d’une pour faire comme tout le monde, et de deux parce que mon réveil, il est pas comme les autres ! Il m’obéit au doigt et à l’œil. Riez pas, c’est vrai…Par contre, il ne reste allumé que quelques secondes. Neurasthénique ? Un peu. Pour le réveiller, et découvrir accessoirement qu’on est super à la bourre, il faut taper dans ses mains. Une fois suffit, deux si des restes de gueule de bois exigent un effort supplémentaire. On peut aussi le réactiver en faisant claquer ses doigts, mais ce n’est pas à la portée de tout le monde, et puis à la longue, ça peut faire mal, on peut se luxer une phalange (n’importe quoi).

Donc, en mode léthargique, mon réveil en est réduit à sa forme prosaïque, un cube sans charme particulier. Mais dès que mes paumes s’entrechoquent, l’heure apparaît comme par enchantement ! J’avoue qu’au début, j’étais comme un môme, c’était un peu un jeu. Avec le temps, l’adulte est revenu. J’avoue aussi que les jours où les matins sont plus pénibles que d’autres, j’ai pas envie de déplier mes bras pour frapper dans mes mains. Je suis si bien sous ma couette, sous des tombereaux de pensées égrillardes. J’ouvre les yeux et je maudis ce réveil inerte. Alors je tente la ruse, je siffle, je tousse fort, et j’ose même, poussé dans mes retranchements par ce mutisme insolent, la flatulence du paysan bourru, mais rien n’y fait. Il ne cille pas, l’enfoiré ! Oui, Monsieur fait son difficile, c’est le claquement de mains ou rien…

Il m’arrive aussi de le réveiller, à mon corps défendant, quand la pénombre joue des tours à mon radar grippé, mes jambes secouant la table de nuit qui lui sert d’Acropole, alors que j’entreprends à contre-cœur de rejoindre les toilettes, la vessie aux abois.

Je sais qu’un jour ou l’autre, lui et moi ce sera fini, que je le laisserai pour un nouveau modèle. Peut-être un de ceux qui projettent ce temps ci précieux sur ton plafond. Ça tombe bien, je dors sur le dos…

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