Et soudain, l’apparente notoriété…

J’ai craqué. À peine étais-je sur scène que j’ai voulu immortaliser l’instant. Sur scène ? Oui, et face à moi, 1400 sièges vides.

Durant quelques secondes, j’étais devenu une vedette, je me glissais dans la peau d’un chanteur ou d’un humoriste, juste avant l’ouverture des portes, quand la salle est plongée dans le silence. Je tentais d’imaginer la pression qui monte et le stress qui gagne l’artiste sur le point d’entamer son numéro, alors que la clameur derrière le rideau vrombit son impatience. C’est fou l’effet grisant que procure une scène en apparence banale. Anodine vue du public. Une fois sur son dos, la vision change. C’est déjà impressionnant sans visages devant soi, alors je n’imagine même pas quand l’affluence gronde.

J’étais à l’Olympia de Montréal quand  cette photo a été prise. Oui, l’Olympia, comme à Paris, le prestige en moins. Disons qu’elles ne boxent pas dans la même catégorie, ce qui n’empêche pas la salle québécoise d’attirer des invités de marque, comme IAM ou Tiken Jah Fakoly par exemple, et même Adele, quand le phénomène n’avait pas encore irradié la planète. C’était en 2011. J’étais à l’Olympia pour un reportage sur les coulisses de ce lieu construit en 1925,  qui fut autrefois un théâtre et s’appelait L’Arlequin.

Une fois sur scène, j’ai donc demandé à Jessica – reconnaissable à 1 km à la ronde avec sa coupe palmier – de me tailler un costume trois-pièces en cliquant sur le bouton de son Nikon. Ça a donné ce que vous avez devant les yeux… Avouez que ça en impose, non ? Grâce à elle, j’ai compris le sens du mot fatuité. 🙂

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« J’aurais voulu être un artiste-e-e-e !!!! » (photo : Jessica Valoise)

Si un jour la notoriété me rattrape, de quelque façon que ce soit – sauf si on parle de cette sextape tournée avec une femelle rhinocéros (j’étais jeune et j’avais bu) – je promets de ressortir cette image prise au faîte de mon anonymat. Je lui accolerais alors une dimension prémonitoire, en répondant aux questions d’un jeune journaliste sidéré par mon charisme… (je fabule et j’ai déjà la grosse tête).

Pour l’anecdote, Gad Elmaleh se produisait deux soirs de suite dans cette salle le jour où nous sommes venus. Autant dire que j’aurais pu tomber nez à nez avec lui – c’est quand même mieux que bite à bite, quand on y pense… -, ne sachant sans doute pas trop quoi lui dire, si ce n’est les banalités d’usage, dont le très utile « j’adore ce que vous faites ».

Chose certaine : si je l’avais rencontré, je pense que sa seule présence m’aurait fait l’effet d’une salle pleine.

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