Une gang de malades, des moustiques et quelques bulles de cidre…

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Méandres et montagnes…

28 mai 2016. Je suis retourné marcher. Pour un deuxième week-end d’affilée. Suis vernis. Mais pas seul cette fois. Cette fois, je l’ai joué collectif, je veux dire entouré. Entouré d’une belle bande de malades. Malades dans le bon sens du terme. Dans le sens de joyeusement fous. Le genre à pas se compliquer la vie, à rire beaucoup et à te taquiner quand tu es français. Les malades dont je parle, du moins une partie, je les ai rencontrés lors de la Traversée de la Gaspésie à ski de fond et en raquettes, en février dernier. Au fond d’un bus. Ce jour-là, je pensais être le dernier retardataire. À ma grande surprise, des sièges étaient encore libres, près des toilettes. Pas l’endroit le plus poétique mais bien pratique quand tu as besoin de te soulager. Tu en es quitte pour remonter l’allée en butant de temps à autre contre une tête ou un tibia. On relativise comme on peut… À peine installé que je voyais débarquer d’autres personnes aimant se faire désirer. Des gens comme moi, un peu fâchés avec la ponctualité ce fameux matin. Comme moi, ils ont pris la direction du purgatoire. Je savais à cet instant précis que ces cancres et moi, on allait bien s’entendre…

20160528_105101Il se trouve que ces cancres aiment bien crapahuter. En hiver, ils skient, et en été, je vous le donne en mille : ils marchent. C’est d’ailleurs l’un d’eux, Éric, qui a proposé samedi dernier que l’on aille s’oxygéner du côté du parc régional de forêt Ouareau, dans la région de Lanaudière. En théorie, il faut environ 1h30 pour s’y rendre de Montréal, mais quand la pilote et le co-pilote (moi-même) sont en froid avec la boussole, ça donne un détour et une demi-heure de retard sur l’horaire prévue à l’arrivée… Enfin, je parle pour notre équipage. Ceci dit, celui du second véhicule a connu les mêmes ratés dans son orientation. Égalité parfaite donc. La parité était aussi de mise dans notre groupe : 3 hommes, 3 femmes, dont deux nouveaux visages pour moi, Marie-Fred et Vincent. Deux belles rencontres aussi.

Je dois dire qu’on avait bien choisi notre journée, à en juger par le ciel dégagé qui imprimait un large sourire dans nos têtes. Beau et chaud, voire humide. On s’est élancé vers 10h30 sur les sentiers. Carte en main (c’est plus facile pour savoir où on veut aller), on a opté pour un parcours estimé à 3-4 heures de marche, sans les arrêts bien sûr. 

L’effort, la chaleur et les montées aidant, on n’a pas tardé à transpirer, et je dois avouer que l’ombre fournie par les frondaisons ont adouci la sensation de chaleur. Pour la moiteur en revanche… J’ai trouvé cette virée plus séduisante que celle qu’il m’avait été permis de faire au mont Orford une semaine auparavant dans la région de l’Estrie cette fois. Un poil plus exigeante aussi, mais avec quelques points de vue rassérénants en guise de récompense, dont un qui a rallié les suffrages et nous a remplis de quiétude (ci-dessous). J’avoue qu’à un moment, on a eu un doute sur notre position précise dans la forêt. En d’autres termes, on se demandait si on ne s’était pas perdu. Le doute en question s’est évaporé quand on a croisé d’autres marcheurs, lesquels nous ont remis dans le droit chemin, enfin le bon… 

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J’aurais pu rester des heures à cet endroit ! 

Cette rando aurait été parfaite sans la présence assez intrusive des moustiques, plus communément appelés maringouins dans cette partie du globe. En juin, c’est souvent une plaie au Québec, mais cette année, avec les températures estivales de la fin mai, la chasse à l’homme était ouverte plus tôt que prévu. Inutile de dire que l’application de citronnelle était obligatoire, même si dans mon cas, j’avoue avoir un peu tardé… À les voir nous tournoyer autour quand nous étions à l’arrêt, ça m’a fait penser aux mouches qui bourdonnent autour d’un cadavre en état de décomposition. Je sais, l’image est pas très bucolique, mais elle vous donnera un aperçu de ce que nous avons dû endurer (bon, je dramatise un peu…)

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Moi sans les moustiques.

Une rando, ça inclut parfois une baignade. Dès le départ, on savait que cette option était envisageable dans la mesure où Virginie avait pris son maillot de bain… Virginie ? Une Suisse qui réside dans la Belle Province depuis une trentaine d’années. Une femme de la montagne donc, mais aussi des bois, qui se jette à l’eau à la moindre occasion… Et effectivement, à peine nous nous étions approchés d’un lac sur la fin de notre parcours qu’elle s’est muée en sirène, toute ébaudie à l’idée d’aller piquer une tête. Un petit détour par des toilettes sèches et elle ressortait affublée de son costume de bain comme on dit chez les cousins. Un costume deux-pièces. L’eau était si bonne qu’elle y est entrée en une seule prise. À la voir patauger (ou nager ?) avec tant d’entrain, je me suis dit qu’elle était comme un poisson dans son bocal. J’avoue qu’avec la chaleur ambiante, et après une virée qui nous incitait au rafraichissement, je l’aurais bien rejointe… Pourquoi je ne l’ai pas fait ? Parce que le bord du lac, et le fond aussi, était pas mal vaseux, et qu’un groupe de filles présent sur place nous avait mis en garde contre la présence de sangsues, qui n’est pas l’invertébré le plus glamour que l’on connaisse. Virginie a toutefois fait un émule, Éric, tout heureux lui aussi de prendre un bain de fraîcheur, sans son maillot de bain mais avec un sous-vêtement vert du plus bel effet, en adéquation avec le cadre alentour en tout cas ! Hulk, mais sans l’imposante musculature.

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La petite surprise de Christelle, un cidre délicieux et bien frais, est arrivée à point nommé pour ponctuer cette belle randonnée. 

Je viens de faire mention de femmes déjà présentes quand nous sommes arrivés sur place. Oui, que des femmes ! Une dizaine à vue d’œil, qui, encouragées par notre groupe, ont donné de la voix pour que je me déshabille moi-aussi ! Bref, on me poussait au strip-tease et j’étais aux anges… J’ai dû cependant décliner l’excitation ambiante, ayant omis de me raser le torse (une excuse comme une autre).

Après ça, on a avalé le dernier kilomètre qui nous séparait de nos véhicules. Une fois arrivé sur place, on a eu droit à une surprise mijotée par Christelle, laquelle nous avait mis l’eau à la bouche les jours précédant la rando en évoquant cette agréable conclusion (le correcteur vient de me proposer  « occlusion »). Cette croisée, comme je l’appelle, elle qui est née au Québec de parents français, nous avait gardé au frais une bonne bouteille de cidre, histoire de trinquer à cette journée très réussie.

Je sais qu’ils seront d’accord avec moi sur ce point. D’autant que cette virée s’est prolongée chez Éric, sous un ciel étoilé invoquant l’été avec ses fragrances de barbecue. Celui de notre hôte a d’ailleurs bien transpiré ce soir-là, et le repas, copieux, n’a fait que rajouter au bonheur qui nous étreignait tous dans son plus simple appareil. Avec des montagnes de rires pour enrober le tout.

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Sur la fin du parcours.

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Petite baignade pour Virginie et Éric.

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