Paroles de jeûne (2)

Chers Musulmans,

Rassurez-vous, je viens en ami, alors rangez s’il vous plaît vos ceintures d’explosifs. Un peu d’humour noir pour commencer, histoire de détendre l’atmosphère…

Ces trois derniers jours, vous m’avez épuisé. Enfin pas vous directement, mais votre ramadan. Figurez-vous que je m’étais mis en tête d’être solidaire durant cette période de jeûne que des tas de personnes un peu enrobées vous envient. Ça a commencé en 2015, où je l’ai fait symboliquement un jour, en soutien d’un ami marocain né à Nice et grand supporteur de l’Olympique de Marseille… qui vaut bien une Mecque pour les habitants de la cité phocéenne. À peine terminé, je m’étais dit qu’en 2016, j’essaierai de faire mieux. Disons 3 jours. Et comme je suis plutôt du genre à relever les défis que je me lance, je suis passé de la parole aux actes.

Les 3 jours en question viennent de se terminer. J’ai achevé mon mini ramadan dans le quartier du Petit Maghreb à Montréal, en compagnie de l’ami marocain sus-cité et de sa blonde, une brune en l’occurrence… J’y peux rien, au Québec c’est ainsi : dès qu’une femme a un amoureux, elle change de couleur de cheveux. J’ai rompu mon dernier jeûne dans un restaurant tunisien et dans la plus pure tradition, avec les dattes pour commencer… et en prime un mec enturbanné qui récitait une prière du coran à la télé pour accompagner la libération de l’estomac. Quand le patron est arrivé, enfin je pense que c’était lui, on a échangé quelques mots. Assez pour découvrir qu’il avait vécu en Alsace quelques années, non loin de ma Lorraine natale. Le monde est décidément petit. Ceci dit, ni mon louable et modeste sacrifice, ni notre rapprochement géographique soudain ne l’ont incité à me consentir un rabais sur l’addition. Ramadan ou pas, c’est le même tarif pour tout le monde ! Les voix du business sont impénétrables…

Si ces trois jours de ramadan ont été une formalité ? Dans l’ensemble, oui. Dans l’ensemble car le 2e jour m’a fait l’effet d’un marathon. J’ai franchi la ligne d’arrivée un peu raplapla. Un petit coup de moins bien, le sentiment de rouler sur la réserve, avec la désagréable impression que les aiguilles de l’horloge étaient frappées de la même apathie que moi. Pendant un ramadan, la dernière ligne droite est toujours la plus dure.  Pour faire passer le temps plus vite, pas le choix de s’occuper et de dormir un peu… Ne rien faire, c’est devenir une cible pour la tentation, qui rôde dans les pensées.

Cette expérience n’a fait qu’accroître mon respect à l’égard de ces hommes et ces femmes qui font le ramadan dans sa totalité, sans tambour ni trompette, dans l’intimité de leur foi. Je mesure mieux la dimension du sacrifice qui est le leur. J’ai fait ce ramadan parce que  je considère la tolérance comme l’unique religion. La seule à mes yeux qui vaille la peine d’être enseignée. Aucune église, mosquée, ou synagogue ne protègera autant les hommes que cette vertu. 

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