Premiers flocons à Montréal

Les premiers flocons ont commencé à tomber sur Montréal dimanche soir. Comme une mise en garde, une piqûre de rappel… L’hiver approche et avec lui la neige. Pas de suspens au Québec. On anticipe leur arrivée, et quand ils surgissent dans le décor, ragaillardis par le halo d’un lampadaire, il faut se rendre à l’évidence.

Pour l’occasion, je réanime un texte écrit il y a quelques années, alors que je faisais connaissance avec le grand manteau blanc des cousins…

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« C’est venu d’en haut, comme toujours. La neige qui tombe, c’est beau et banal à la fois. Regarder tous ces flocons paresseux entamer leur descente avant de s’affaler sur l’asphalte. Si j’avais été sur le sol de ma Lorraine natale, j’aurais à peine remarqué leur mort lente sur le bitume, à cet instant précis où ils semblent disparaître sous le béton.

J’ai appris à considérer la neige sous un autre angle au Québec. Je lui ai accolé un mot que je n’utilisais pas en France : quantité. Puis j’ai ajouté très tôt un autre vocable tout aussi évocateur : tempête. L’hiver ici se résume à un calcul. Tempête + neige = quantité. Quand on a cette addition bien au chaud dans la poche du pantalon, on n’est guère impressionné par ce caprice récurrent de la nature.

Le flocon québécois s’agrippe à la route comme un mort-de-faim. Il est doux et collant. Puis il brunit avec le sel, la pollution, et le ras-le-bol du piéton qui connaît sa propension à s’incruster dans le décor. Il n’y a pas que la neige qui tombe à Montréal, il y a aussi ces silhouettes sans appuis qui essuient parfois le trottoir avec leur derrière. Chut ! on ne rit pas…

J’ai vécu ma première tempête de neige avec un regard d’enfant. J’ai réalisé qu’il neigeait beaucoup en observant la glacière disparaître sur ma terrasse sous l’épais manteau blanc. Bye bye les canettes de bière, je t’aimais bien le barbecue. Cette première tempête (et les suivantes) a laissé des traces dans les journaux, contraint certaines écoles à la fermeture, et incité beaucoup d’employés à préférer la chaleur de leur foyer.

Il règne comme un joyeux bazar un jour de tempête au Québec. Les mômes sont heureux, tandis que leurs aînés se surprennent parfois à tendre l’oreille pour écouter le bruit sourd de leur pas dans la neige encore fraîche. C’est un petit plaisir passager au cœur des retrouvailles hivernales. Les autres tempêtes ont forcément moins de charme. C’est la première qui compte. Quant aux copies, elles rappellent au quidam qu’il devra s’armer de patience. »

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