J’ai testé le Kin-ball

Oui, j’ai testé le Kin-ball. Le quoi ? Le Kin-ball (les oreilles, c’est comme le cul ça se lave, disait-on quand j’étais un sale jeune). J’avoue avoir été comme vous lorsque ma grande amie Marie m’a annoncé, un jour que je dormais sous son toit, que son amoureux allait s’adonner à ce sport le lendemain matin. Car on parle d’un sport, collectif de surcroît. Cerise sur le gâteau – ou le sundae pour la version québécoise (au pays de l’hiver, c’est plutôt bien trouvé) – cette discipline a été inventée par un Québécois, un certain Mario Demers, qui doit cacher des racines belges avec un patronyme pareil. Pour en savoir plus sur ce sport, je vous invite à cliquer ici, vu que je n’ai pas l’intention de vous faire un exposé par le menu. La vidéo qui apparaît ci-dessous (j’ai pensé à tout) complètera à merveille ce flot d’explications.

Si ce sport remonte à 1987, j’ai pu constater que des tas de gens comme moi, incluant un nombre non négligeable de Québécois, n’avaient pas la moindre idée de son existence. On estime à près de 4 millions le nombre de pratiquants dans le monde, qui se répartissent dans une dizaine de pays dont le Canada, les États-Unis, la France, la Belgique et le Japon…

16422888_10154481536612832_5705389955843192986_oLa curiosité m’avait poussé à aller voir de quoi il en retournait, en assistant durant quelques minutes à une partie mettant aux prises trois équipes, comme toujours dans ce sport qui nécessite de bonnes genouillères ! Je m’étais alors mis en tête, prenant la promesse à témoin, que je testerai cette activité axée sur la cohésion et le mouvement. Je n’ai pas été déçu. 

C’était le 4 février dernier à Granby, une ville des Cantons-de-l’Est célèbre pour son zoo, sa poutine chez Ben la bedaine (une institution) ou encore son festival de la chanson… Chaque samedi durant la saison morte, une grappe d’aficionados se donne rendez-vous dans le gymnase du cégep (un peu l’équivalent d’un lycée français) de la ville, très bien entretenu au passage, pour s’adonner à ce sport dans la joie et la bonne humeur. Une fois qu’on a assimilé les règles, assez simples dans l’ensemble, on peut se joindre à la meute. Si la convivialité est inhérente à sa pratique, le Kin-ball demande un peu de souffle. On parle d’un sport, et comme dans n’importe quel autre sport, si tu débarques en pyjama, une tasse de café dans une main pendant que l’autre fourrage dans le caleçon, tu vas trouver le temps long. Plus sérieusement (on va essayer), il ne faut pas avoir peur de donner de sa personne, dans la mesure où il n’est pas rare qu’on se retrouve par terre, tentant avec l’énergie du désespoir d’empêcher le ballon de toucher le sol, puisque c’est la raison d’être du Kin-ball. Le réflexe et l’agilité sont des atouts et ils vous seront d’un grand recours si vous devez défendre. Concernant la balle, je crois que la photo est assez explicite ! Rassurez-vous, elle ne fait pas le poids de sa taille, mais elle ne se laisse pas si facilement attraper ! Je peux en témoigner. Ceci dit, on ressent une certaine jouissance à réceptionner in extrémis, du bout du pied ou des doigts, cette imposante sphère à la trajectoire parfois déroutante, excepté pour les débutants, comme moi, qui se contenteront des frappes de base – et hautement prévisibles pour l’adversaire – dans le cadre de leur apprentissage.

J’ai évoqué les genouillères un peu plus tôt et ce n’est pas un hasard. D’abord parce qu’on pose souvent un genou à terre – à la manière de Vercingétorix devant Jules César, le sentiment pesant du déshonneur en moins – ensuite parce que les tentatives de défense ne laissent pas de place à l’immobilité ou l’épluchage de patates. Moi, dès l’échauffement, alors que Dominique, chaperon et coach d’un jour (en plus d’être le chum de Marie et le père d’un petit Gael) s’évertuait à m’enseigner quelques rudiments de Kin-ball, j’ai vite compris que sans cet équipement j’allais peut-être perdre mes rotules. Le même Dominique, porté par une infinie bonté, n’a d’ailleurs pas eu à insister pour me prêter les siennes, considérant que son vécu en la matière, lui qui a participé à des championnats, l’autorisait à s’en débarrasser. 

Je dois dire que mon baptême du feu a accentué l’animation de ce samedi matin. Toujours soucieux de me faire remarquer, même à mon corps défendant, je me suis retrouvé à deux reprises au centre des attentions. La première fois suite à une attaque de l’équipe noire, qui avait appelé les bleus, qui allaient donc devoir défendre, ce qui sous-entendait que nous, les gris, on se bornerait à être spectateurs de l’action à venir… Sauf que Martine, un petit bout de femme à l’énergie insoupçonnée, avait été désignée comme catapulte. Il faut préciser qu’à l’instar de Dominique, la dame est une experte du Kin-ball, étant aussi coach à ses heures… Donc, elle a frappé. Une frappe de viking (Thor, sors de ce corps !). La grosse balle est partie très vite, prenant la direction de mon auguste personne. Embourbé dans la passivité et constatant qu’elle arrivait trop vite pour être évitée (suis pas Superman non plus), j’ai donc tout naturellement été percuté par le boulet de canon. On appelle ça être au mauvais endroit au mauvais moment.

La seconde fois, je me suis retrouvé par terre, étalé de tout mon long sur le dos, après un coup porté par un de mes coéquipiers ! Et Dominique par-dessus le marché, l’homme en qui j’avais une totale confiance. Avant d’en prendre plein la tête, nous nous étions réunis en conciliabule pour échafauder une tactique. Donc on chuchotait, le porte-voix étant proscrit dans ce genre de situation. C’est durant cet aparté que j’appris quelle ruse avaient imaginé mes partners. En gros : j’étais désigné comme le frappeur, sauf que je me contenterai de toucher la balle sans la frapper, offrant ainsi le champ libre à Dominique, qui se chargerait de placer une banderille dont lui seul a le secret, après quoi nous irions sabrer le champagne dans les vestiaires pour fêter ça (là j’en rajoute un peu). Ce plan de match induisait que je me glisse promptement sous la balle, de façon à laisser un boulevard à mon partenaire… Voilà pour la théorie. Le moment venu, j’ai fait exactement ce qu’on m’avait dit, sauf que je ne me suis pas baissé, ou en tout cas pas assez vite. Je vous fais pas un dessin : Dominique y a mis tout son cœur, ma nuque et ma tête peuvent en témoigner. Car ce n’est pas le sol que le ballon aérophagique a touché en premier mais mon front, me faisant illico entendre la symphonie des petits oiseaux, lesquels ont bourdonné quelques secondes autour de ma silhouette contrainte à la position horizontale. L’erreur étant bonne pédagogue, je ne pense pas devoir réitérer cette piètre prestation la prochaine fois.

Car il y aura une prochaine fois. D’ici là, je me serai acheté des genouillères… et peut-être un casque ! 

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