La médaille du courage

Eddie « The Eagle », vous connaissez ?

eddie-the-eagle-edwardsMoi, je ne connaissais pas, jusqu’à avant-hier, du moins pas en détail. Ce surnom devenu synonyme de courage cache un Britannique répondant au nom d’Edwards, Michael de son prénom. Le film qu’on lui a consacré, sorti en 2016, est passé devant mon nez à la grande bibliothèque de Montréal. C’est comme s’il m’avait appelé. J’ai aimé sa pochette et l’odeur de large qu’elle dégageait. Comme un mélange de ski et de grande bleue… Je l’ai aussitôt saisie. Je ne l’ai pas regretté.

Eddie « The Eagle » s’inspire de l’histoire assez folle de cet extraterrestre du saut à ski, sans doute l’épreuve la plus spectaculaire et dangereuse des Jeux Olympiques d’hiver. Avec mes prédispositions au vertige, c’est typiquement le genre de sport rédhibitoire, même avec 3 grammes d’alcool dans le sang. Les prises de vue au sommet des tremplins me donnent déjà des sueurs froides (et le long-métrage en restitue très bien le côté spectaculaire), alors je n’ose imaginer si je devais faire le grand saut. Rien que d’y penser, j’en ai les guiboles qui flanchent.

Eddie The Eaggle, c’est un conte de fée avec beaucoup d’hématomes mais aussi un bel hymne à l’espoir. Car ce skieur qui ne cassait pas quatre pattes à un canard – façon de dire qu’il ne brillait pas par son excellence – s’est un jour mis en tête de participer au JO de Calgary en 1988, après deux ans de pratique dans cette discipline et une technique peu orthodoxe ! Bref, un fou. Mais un fou attachant, inspirant même, qui, à force de courage et d’abnégation, réussira à oblitérer son billet pour cette grande compétition, avec l’aide d’un coach aussi coloré que lui, campé par Hugh Jackman à l’écran, lequel réussit à faire oublier son double – très collant – de Wolverine dans ce rôle imbibé d’alcool et suintant l’émotion. La scène où cet ancien champion de l’équipe américaine s’élance en jean et chemise, clope au bec et un peu pompette, du haut du tremplin de 90 mètres (le plus impressionnant merci bien), fait partie des scènes phares de cette production servie par une bonne bande sonore. Idem en ce qui concerne les séquences où notre apprenti binoclard parfait sa technique d’envol dans un garage, sur une espèce de planche à roulettes. Séquences qui ne sont pas sans rappeler un certain Dirty Dancing. Les amateurs de ce film cu-culte apprécieront.

La personnalité de Michael Edwards, dont les lunettes tue-l’amour auraient pu lui valoir le sobriquet d’Eddie « The Fly » ou Eddy « The Magnifying Glass », a fini par se mettre dans la poche le public de Calgary, ainsi que les journalistes qui se l’arrachaient, lequel scrutait chacun de ses sauts avec un mélange d’appréhension et d’excitation. À l’arrivée, il n’y eut pas de miracle, le Britannique terminant dernier de l’épreuve, non sans empocher le record olympique de son pays (où le saut à ski était aussi confidentiel que la bonne bouffe), avec un saut de 71 mètres et des poussières. Mais pour lui, l’essentiel était ailleurs. Après s’être fait dire tant de fois qu’il n’était pas fait pour le ski, notamment par son père, ce « raté sympathique », pour reprendre le titre d’un article paru sur le site de Radio Canada, a remporté bien plus qu’une médaille. La valeur d’un champion ne se mesure pas toujours à la hauteur de ses exploits ou le nombre de coupes sur ses étagères, mais à l’aune de cette volonté qui vous pousse à dépasser vos limites et parfois à accomplir l’impensable… Et ce film le rappelle avec force.

Parvenir à figurer au générique des JO et à tenir debout sur ses skis après un envol au demeurant contre nature, incite au respect et non à la moquerie, et encore moins à la condescendance. En concrétisant son rêve, cet homme volant venu de nulle part, en tout cas étranger au sérail des grands de cette discipline, aura fait scintiller la célèbre devise du baron Pierre de Coubertin : « L’essentiel n’est pas de gagner mais de participer. » Une piqûre de rappel toujours salutaire à mon sens.

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