Le nouveau Kong est arrivé

Kongposter

C’est gros, un gorille, et quand ça se met à tambouriner sa poitrine, tu fais pas le malin, t’évites de le provoquer en duel ou de le singer. Bref, tu remballes tes couilles en adoptant un profil bas. Pour enseigner l’humilité, y a pas mieux que cet animal.

Celui que met en scène le cinéaste Jordan Vogt-Roberts dans Kong : Skull Island ne se contente pas d’être costaud, il est aussi grand, très grand. C’est bien simple, les autres copies font pâle figure à côté de cette énième incarnation enfantée par le 7e art. La bête mesure en effet plus de trente mètres, une version plus proche des adaptations japonaises. Un choix justifié par le fait qu’il s’agit du 2e film d’une franchise qui doit culminer avec un duel de titans, prévu en 2019 : Kong face à Godzilla. Les paris sont ouverts. Ce cru 2017 du célèbre primate n’a plus grand-chose à voir avec les précédentes cuvées, à part peut-être l’idylle, à dose homéopathique, entre la créature et l’héroïne, plus brune que d’habitude. Nous n’avons droit qu’à une esquisse de cette complicité entre la belle et la bête qui a tant fait pleurer par le passé dans les chaumières. On sent que l’animal en pince pour cette photographe journaliste, mais pas au point de finir en bas d’un gratte-ciel le corps criblé de balles. Disons qu’on est ici à mi-chemin entre Jurassic Park et Apocalypse Now.

La volonté du réalisateur n’est pas de faire vendre plus de mouchoirs mais d’assouvir la soif des amateurs d’action, qui seront servis dans cette mouture dont le seul but est de divertir, le scénario – comme les dialogues – sonnant aussi creux que les profondeurs de cette île hostile où se terrent des lézards géants à deux pattes n’attendant que la disparition du maître des lieux pour prendre le pouvoir et proliférer. Tout est géant au passage sur Skull Island, de l’araignée au buffle en passant par le poulpe, dans des versions bien entendu incompatibles avec la comptine pour enfants. Tout ça pour dire que ça craint sur ce territoire inconnu des hommes, protégé par un système dépressionnaire qu’une meute de GI’s des années 70 (nous sommes en pleine guerre du Vietnam)  va traverser pour aller tâter le terrain, à tort. Car on ne pénètre pas chez Kong sans y avoir été invité. Plutôt à cheval sur la politesse, ce dernier leur fait part, aussitôt leur arrivée dans son salon luxuriant et giboyeux, de son mécontentement, prenant soin de les faire redescendre sur terre en explosant leurs hélicoptères et en écrabouillant quelques convives. Sa façon toute personnelle de leur dire « avant d’entrer on frappe bordel ! »

Vous l’aurez compris, on entre très vite dans le vif du sujet, on ne s’embarrasse pas des préliminaires. Si les scènes de combats et autres batailles s’avèrent très efficaces, servies par d’excellents effets spéciaux, le reste est sans grand intérêt et cousu de fil blanc, la belle distribution (Samuel L. Jackson, John Goodman, Tom Hiddleston entre autres) ne suffisant pas à sauver des eaux ce long-métrage vidé de sa charge émotive, celle-là même qui faisait sa force par le passé, et qui essaie péniblement de nous rappeler entre deux dialogues l’importance de respecter l’environnement, Kong devenant le symbole de cette nature qui résiste et renvoie l’être humain à sa condition de fourmi, là où le personnage joué par Samuel L. Jackson, un héros de la guerre, incarne la supériorité malsaine de l’homme, pressé d’éradiquer ce qu’il considère comme une menace et non un allié.

 

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1 reply »

  1. Effectivement, d’excellents acteurs comme Goodman, Jackson ou C. Reilly font qu’on reste jusqu’au bout. Je m’attendais à un gros navet, ce fut un bon divertissement où on pardonne les incohérences. Le bateau rafistolé fait comme tu le dis bien, penser à Apocalypse now ou Le dernier vol de l’arche de Noé. Kong est énorme, attendrissant, et Brie Larson est craquante. Mais je ne supporte pas la scène avec les hélicos (y’en a quatre sur le bateau et douze qui volent !!!!!), la rafiot n’est pas un porte-avion à ce que je sache ! Et le personnage de Jackson est débile, dommage. Et Hawaï est magnifique !

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