En route vers une nouvelle citoyenneté

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C’est un peu ça l’immigration : une ligne qui vous coupe en deux.

Le 12 avril 2017 restera pour moi un jour particulier. Particulier car il marque mon passage de résident permanent à citoyen canadien. Enfin c’est pour bientôt. 

Aujourd’hui, j’ai franchi une nouvelle étape. Comme le veut la procédure, j’ai été convoqué, avec d’autres candidats, au fameux examen de citoyenneté. J’avais fait une montagne de cette épreuve aussi redoutée qu’attendue. Je parle de mon point de vue, considérant que le moindre test a souvent pour effet de faire monter ma jauge de stress. Quand on carbure à l’anxiété, la panne d’essence relève de l’utopie… Autant dire que la nuit précédent ce contrôle des connaissances a été raccourcie. Il faut dire que l’enjeu était de taille, et il faut avoir goûté à la solennité du rendez-vous pour mesurer l’importance de cette étape dans une vie d’immigrant. 

Jeune, je rêvais de partir vivre au Québec, sans trop savoir dire pourquoi, comme s’il s’agissait d’une attirance naturelle, presque écrite dans le ciel. Je n’avais alors aucune idée des efforts, et surtout des sacrifices, que ce projet sous-entendait. Une citoyenneté, en tout cas dans cette partie du globe, ça se mérite ! On ne vous l’accorde pas après un tirage au sort ou parce que vous êtes le fils de… On vous l’octroie parce que vous en êtes digne, et souvent après bien des démarches administratives qui peuvent venir à bout d’un moral d’acier.

Immigrer au Canada, et au Québec en particulier, enseigne l’abnégation et la patience. Vous n’avez pas choix. C’est écrit – en tout petit – en bas du contrat. Le plus dur je crois aura été d’obtenir ma résidence permanente. Pour bien des candidats à l’immigration, ces deux mots sont synonymes de parcours du combattant. Sans un minimum de passion et de certitude, vous êtes condamné à abandonner durant ce marathon programmé pour tester votre volonté. Sans endurance, point de salut ! Car la sélection commence le jour où vous vous mettez en tête de faire le grand saut, avec cette fleur au bout du fusil qui peut très vite faner faute de désir suffisant pour récolter ce Graal. J’utilise sciemment ce vocable arthurien tant la route peut se révéler chaotique et indécise. L’immigration, c’est une quête, un combat. Et quand la victoire est au bout du chemin, tu savoures ce repos tant attendu du guerrier. 

Dix ans après mes premiers pas – on se sent un peu comme un bébé qui découvre son nouvel environnement – sur le sol canadien, me voici donc aux portes de la grande famille des citoyens, en passe d’être définitivement adopté. La prochaine étape consistera à prêter allégeance à la reine d’Angleterre, comme le veut la tradition, en chantant au passage cet hymne national frappé de la feuille d’érable qui a déjà trouvé une place de stationnement dans le grand parking de ma mémoire. Ce que je ressens après tout ce temps ? De la fierté et une immense joie. Elle est à la hauteur du chemin parcouru et des larmes versées. C’est un rêve qui se réalise, une boucle qui se boucle, avec la réconfortante satisfaction d’avoir atteint mon objectif. 

Il me tarde d’aller me lover pour de bon dans les bras de cette nouvelle patrie, sans renier celle qui m’a vu naître, allaité et fait grandir, mais a aussi forgé mon identité. Je resterai le cœur entre deux chaises, enseveli de fromage et de sirop d’érable, et le « putain » en bandoulière. Mais je me sens désormais rempli de cette autre culture qui m’enrichit chaque jour. Bientôt adoubé par la Couronne, me voici prêt à brandir un autre drapeau. Je lui dois bien ça.

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À chacun ses traces. Les miennes m’ont emmené au Canada…

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