EP Boulevard : l’hommage funky-jazz de Téhu au piano électrique

Aujourd’hui, je vous parle de Téhu. À Montréal, le bonhomme n’est pas un anonyme. Les amateurs de hip-hop ont appris à le connaître au sein du duo de Dézuets D’Plingrès, qu’il forme avec le MC Helmé. Lestée de plusieurs albums et compilations, la formation québécoise fondée en 2002 se distingue par son rap mâtiné de jazz et de funk, le tout enrobé de sonorités des années 60 et 70. Voilà pour le background.

Tehu - EP Boulevard - cover

Le rétro et Xavier Gauthier – son identité dans la vie – c’est une longue histoire. Dire que le natif de Drummondville en pince pour le vieux son est un euphémisme. Son premier projet solo, baptisé EP Boulevard, le rappelle avec vigueur. EP comme Electric Piano. Car si son cœur d’autodidacte penche vers le vintage, il bat aussi la mesure pour cet instrument revenu dans les bonnes grâces de la mode, dont il possède 4 exemplaires et qu’il lui arrive de retaper à l’occasion pour des connaissances. DJ Brace peut en témoigner. Les vieux synthétiseurs ont aussi ses faveurs.

EP Boulevard, paru en décembre 2016 sur le label Unlog, résonne comme un hommage au piano électrique, véritable colonne vertébrale de cette dentelle instrumentale de 8 pistes à l’ossature funky-jazz. Un hommage, mais aussi la concrétisation d’un projet de longue date, avec pour sources d’inspiration Cinematic Orchestra, Bonobo, Harmonium ou encore Herbie Hancock…

Voici ce qu’il faut retenir dudit projet :

LE LIVE COMME POINT DE DÉPART

La conception de cet album répond à un processus bien établi dans la tête de Téhu. Pour revenir à la source, il y a d’abord eu les shows. « La plupart des morceaux ont été construits en spectacle », explique celui qui accorde beaucoup de place à l’improvisation. L’aspect visuel est ensuite entré en ligne de compte, avec le concours d’Unlog et de Uglypitch Records. Une dimension suffisamment importante à ses yeux pour qu’il y consacre une chaîne sur YouTube, où l’auditeur a l’occasion de mettre des images sur des sons, en plus de voir l’artiste à l’œuvre, cerné de ses pianos… La plupart des pièces d’EP Boulevard s’appuient d’ailleurs sur une capsule vidéo. 

L’INSTRUMENTAL À COEUR

Assurément le dada de Téhu. « J’adore ce format qui est optimal pour un musicien. » Ça ne l’empêche pas d’y intégrer des voix, mais avec parcimonie. Sur EP Boulevard, elles prennent les timbres de son vieux complice Helmé et du rappeur Hax Medroom sur le titre Inimitable. À l’avenir, le producteur n’exclut pas de remettre ça en faisant appel à des collaborations féminines, en veillant toujours à ce que le vocal se fonde dans la musique, et non l’inverse. L’ajout d’une session de cordes lui trotte aussi dans la tête.

UN BOULEVARD POUR UNE SUITE

Téhu ne le cache pas : ce premier bébé aura un voire deux petits frères. Deux morceaux ont déjà vu le jour, que le producteur a intégrés à ses performances live. Pour les projets futurs, il respectera le processus habituel, à savoir une bonne maturation en shows avant la réalisation de vidéos pour chaque pièce et enfin l’album…

PRIORITÉ AU VINYLE

Le choix a été fait de mettre l’accent sur le format digital, mais aussi et surtout le vinyle. Les cinq cent copies commandées viennent à peine d’arriver, dont un peu plus de 300 sont destinées au marché local. On pourra notamment se procurer des exemplaires chez les disquaires Aux 33 Tours (1373 Mont-Royal Est) et 180g (6546 Waverly), sans oublier le site bandcamp de l’artiste, et le label Unlog, via sa page Facebook. Le reste de la cargaison (175 disques) est réservé à la clientèle européenne.

À noter que le saxophone d’Hugo Lamontagne, que l’on peut entendre sur les titres EPrélude et Tineline, est davantage présent sur le format vinyle (amputé de deux morceaux par rapport au digital, où les pièces sont aussi plus longues). Sans aucun doute une valeur ajoutée. 

DIRECTION LA FRANCE

Depuis sa sortie, Téhu a déjà eu l’occasion de présenter ce nouveau matériel, notamment au Bleury-Bar à Vinyle à Montréal. Concernant son actu chaude, on pourra le voir le 20 mai prochain à la SAT (en compagnie de Famelik) dans le cadre de la série Sub-Strate (musique immersive). Mais aussi lors des compétitions de free-style End of The Weak, où il intervient en tant que DJ officiel. Les Français le verront quant à eux débarquer en juin, plus précisément les Parisiens et Lillois, avec un petit détour par la Belgique et Bruxelles en particulier, où l’attend un disquaire qu’il connaît et chez lequel il pourrait livrer une petite performance… À bon entendeur…

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