La nouvelle vocation du Monastère des Augustines à Québec

20170402_134608

Le 1er avril dernier, je faisais connaissance avec le Monastère des Augustines à Québec dans le cadre d’un reportage. Inauguré le 1er août 2015 après presque trois ans travaux, pour un coût total d’environ 45 millions de dollars, ce monument emblématique de la capitale provinciale mélange culture, patrimoine et santé. Désormais centre de ressourcement, l’ancien édifice religieux fondé en 1639 a compté jusqu’à 235 religieuses, contre une dizaine aujourd’hui, confinées dans une aile qui leur est réservée. La communauté a légué cet imposant témoin de passé à la population via une fiducie. En près de 500 ans d’occupation, ces femmes pieuses doublées de gestionnaires auront rassemblé 40 000 artefacts, ce qui est considérable. Mille d’entre eux – et même un peu plus – ont pris place dans un musée situé au rez-de-chaussée que l’on peut visiter seul ou avec un guide. Une visite qui s’impose si l’on veut s’imprégner de l’histoire contenue entre ces murs.

Il faut compter une petite heure quand on opte pour la seconde solution, avec une descente dans les voûtes historiques (la partie la plus ancienne du monastère), qui servaient entre autres à entreposer les denrées alimentaires. Pour l’anecdote : elles ont aussi abrité, dans le plus grand secret, des trésors polonais durant la Seconde Guerre mondiale. Parmi les curiosités du musée, on peut citer le coffre à trois clés des fondatrices, venues de Dieppe, qui contenait tout le nécessaire pour les trois mois de traversée; les urnes de vote servant aux décisions de la communauté; ou encore le coffret de chirurgie qui aurait servi à soigner les blessés durant la célèbre bataille des Plaines d’Abraham en 1759 (ci-dessous)…

20170401_13113020170401_131024

Silence, on petit-déjeune !

Outre sa vocation historique, le Monastère des Augustines s’inscrit dans le prolongement de la mission des religieuses, à savoir soigner le corps et l’âme. Dans ce registre, l’établissement décline toute une gamme de soins et d’activités axés sur le bien-être, que l’on pense par exemple à la médiation et au yoga, sans oublier les incontournables massages… Le volet alimentation n’échappe pas à la règle, avec un restaurant mettant l’accent sur les produits bio et régionaux. Le menu change tous les jours, avec pour seule constante de proposer un choix de poisson ou de viande… et de ne pas oublier les végétariens ! La prise du petit-déjeuner, en silence – le chuchotement est toutefois autorisé – participe à l’esprit monastique de l’édifice. 

20170402_135317

La salle consacrée à l’évolution des soins à travers le temps. À voir entre autres : le tableau réalisé par frère Luc, symbolique de la mission  des religieuses; le masque à anesthésier fabriqué par leurs soins et l’espace réservé aux produits médicinaux.

20170402_140129Il imbibe les 65 chambres situées aux 3e et 4e étages, proposées dans deux versions, authentique ou contemporaine. Pour cette seconde catégorie, un peu plus haut de gamme, le visiteur bénéficie d’une salle de bain privée et d’un lit plus grand. Pour le reste, c’est la sobriété qui dicte sa loi. Ni télé, ni radio ne viennent empiéter sur la quiétude. Seul le WIFI s’est faufilé dans le règlement, mais un service de gardiennage a été mis en place pour permettre aux dépendants les plus durs de couper le cordon avec leurs appareils mobiles. Ceci dit, l’atmosphère que dégage ce monastère situé au cœur du Vieux-Québec suffit à faire l’impasse sur la modernité. Difficile de résister à l’appel du bien-être dans le décor épuré des chambres, ou sur les rebords de fenêtres invitant à la lecture ou la contemplation. Des couloirs tamisés décorés de toiles datant du 17e siècle pour les plus anciennes, aux îlots de détente aménagés ici et là, l’aspiration au ralenti devient tentante…

DÉVELOPPEMENT DURABLE ET TOURISME SOCIAL

Et pour ne rien gâcher, cette réhabilitation patrimoniale a aussi fait le pari du développement durable, avec des efforts appréciables pour ne pas gaspiller l’électricité. Même les poubelles disposées dans les unités incitent au tri des déchets, tandis que les courtepointes habillant les lits des chambres authentiques font la promotion du savoir-faire local et de l’économie de proximité.

20170401_10083220170401_100130

[Couloirs, chambres, coins détente : difficile de résister à l’appel du bien-être !]

20170401_11491620170401_114652

Le tourisme revêt aussi une dimension sociale entre les murs de cet organisme sans but lucratif. Les proches aidants, les accompagnateurs (par exemple une famille qui rend visite à un proche dans l’hôpital Hôtel-Dieu, accolé au monastère), les travailleurs et bénévoles du milieu de la santé et des services sociaux peuvent ainsi profiter de programmes d’hébergement et d’activités de ressourcement conçus à leur intention. Sympa !

[ Lire aussi l’article paru sur le site de Best of Québec ]

Photos : Olivier Pierson.

20170401_101131

La partie dévolue à l’accueil des visiteurs est la seule extension engendrée par les travaux de restauration. (ici le 2e étage)

20170401_144931

[L’espace réservé aux offices religieux qui rythment la vie des Augustines]

20170401_14490820170401_144843

20170401_145559

Le passé exalte aussi ses souvenirs dans les corridors, où ont notamment été affichés les noms de toutes les religieuses qui ont prononcé leurs vœux au Québec.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s