La vie d’un autre…

Depuis quelques semaines, j’ai mis les deux pieds dans cette aventure exaltante qu’est l’écriture d’un livre pour autrui. Je suis tenu à la discrétion et bien décidé à respecter la confiance qui a été placée en moi. Le hasard a mis sur ma route un artiste bien établi au Québec, qui a goûté au parfum enivrant et insidieux des tournées à l’étranger. À vrai dire, je ne crois pas au hasard et je dois donner raison à cette célèbre maxime de Paul Éluard : « Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous. » J’ajouterai de beaux rendez-vous. Les confessions emmagasinées et recrachées par mon enregistreur sont venues le confirmer. La rencontre est d’autant plus belle que nous partageons la même simplicité. Qui se ressemble s’assemble… Au diable les egos boursouflés, même si à une époque, le sien était gonflé à l’hélium, ce qui a eu des répercussions sur sa santé.

Je n’en dirais pas plus, préférant m’attarder sur ce nouvel exercice qui m’allume et m’enrichit, me valorise aussi. Le moment venu, après un travail que je découvre aussi fastidieux que passionnant, il sera temps de dévoiler l’objet de notre convoitise, synonyme de fortune, de dope et de femmes vénales. Pardon, je délire, c’est pour rire. D’ailleurs, le rire s’immisce parfois dans nos conversations, ramenant à la vie les ados que nous avons été, et ça fait du bien. Il fait contrepoids aux confidences parfois lourdes. Car tout n’est pas rose dans la confidence. Il y a les hauts et les bas, la scène et la coulisse, la lumière et l’obscurité…

Depuis quelques semaines, je suis devenu une éponge, j’absorbe une vie qui n’est pas la mienne, avec le sentiment d’être un privilégié, nanti du complexe de l’imposteur qui a longtemps pesé sur les épaules de mon interlocuteur. Pourquoi moi après tout ? Pour mon écriture et ma personnalité m’a-t-on fait savoir. Disons que le courant est bien passé. Un élément à ne pas sous-estimer quand vient le temps d’ouvrir les vannes de son intimité, en avant-première, avant d’exacerber cette transparence restreinte sur les pages d’un ouvrage qui feront acte de sincérité, ce qui ajoute du poids au rôle qu’on vous a confié. Car il faut être digne de cette confiance, du contrat tacite signé entre les deux parties. Plus pour l’appât de l’honnêteté que celui du gain.

Depuis que nous avons scellé ce projet, je me sens parfois l’âme d’un médecin soumis au secret professionnel, ou d’un curé retenant dans son confessionnal toutes les choses qu’il a entendues. Je fais de la rétention d’informations, en les maintenant à bonne température dans un cahier qui me fait penser à un coffre-fort. Je suis passé de l’autre côté du miroir, et chacune de nos rencontres m’apporte une nouvelle pièce du puzzle. L’assemblage va prendre du temps et j’espère que le résultat final sera à la hauteur des attentes…

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3 replies »

  1. Paul Éluard a aussi écrit « “Le passé est un œuf cassé, l’avenir est un œuf couvé.”…mais je ne sais pas ce que cela veut dire sauf qu’on ne fait pas d’hommes-lettes sans casser des œufs! Bonne et belle écriture à toi mon ami! En passant’ est-ce que c’est…Céline Dion? ou Bono?

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