Urbino, beauté pur jus

La ville du centre de lItalie a conservé laspect quelle avait à la Renaissance. De nombreux monuments témoignent de cette époque prospère qui a façonné sa réputation. Derrière les remparts de ce joyau situé dans la région des Marches, cest un véritable enchantement qui attend le visiteur. Comme un air de Florence miniature…

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La ville où les étudiants sont plus nombreux que les résidents (lire autre texte). Bienvenue à Urbino, dans le centre de l’Italie, aux confins de la Toscane et de l’Emilie-Romagne. Nous sommes dans la région – méconnue – des Marches, prise en étau entre le massif des Apennins et la mer Adriatique. Avec ses petits airs de ville de province, la patrie du peintre Raphaël, dont on peut visiter la maison natale (transformée en musée), est une destination rêvée pour les amateurs de trésors architecturaux, qui en prendront plein les pupilles en arpentant les dédales de ruelles pavées du cœur historique. Il faut dire que « la perle de la Renaissance », comme on la surnomme, regorge d’édifices à visiter, qui participent à son aura de cité authentique. A commencer par le Palais Ducal, un chef d’œuvre datant du 14e siècle qui abrite la Galerie Nationale des Marches. L’enceinte rassemble une importe collection de tableaux, dont des œuvres majeures de Tiziano, Piero Della Francesca (sa fameuse Flagellation du Christ) et l’enfant du pays, Raphaël, déjà cité, qui débuta sa formation à Urbino avant de déménager en Toscane. Mélange réussi d’art et d’architecture, ce monument imposant très couru figure depuis 1998 sur la liste de l’UNESCO. Au chapitre des curiosités, il faut citer le bureau de Frédéric de Montefeltro (1422-1482), un mécène érigé au rang de bienfaiteur dans cette ville dont il a bâti la gloire et la réputation. Ce dernier a en effet été entièrement peint en trompe-l’œil; c’est aussi la pièce du palais restée totalement intacte depuis l’époque de ce duc dont l’ombre plane sur l’ancienne Urvinum. Le palais ducal a pour voisin le Dôme de San Domenico, une église de style néo-classique elle aussi inscrite au patrimoine mondial. L’emblématique localité a également conservé de nombreux oratoires, dont celui de Saint-Jean, où l’on peut admirer de très belles fresques peintes par les frères Salimbeni.

Pour prendre la mesure de la beauté vénéneuse d’Urbino qui se cache derrière ses remparts, il est conseillé de monter jusqu’à la forteresse d’Albornoz (14e siècle) qui surplombe la campagne environnante, lovée dans un décor vallonné.  

De taille humaine, elle qui compte moins de 20 000 âmes, cette cité vivante, artistique et gourmande se parcourt aisément à pied, d’autant que la circulation a été interdite dans le centre historique. L’atmosphère qui y règne, empreinte d’une douceur de vivre toute italienne, participe au charme de cette destination préservée des foules de touristes qui prennent d’assaut les rivales voisines de Toscane, Florence et Sienne en tête. Il fait bon flâner dans cet écrin au décor intact et d’une belle homogénéité architecturale. Malgré son grand âge, Urbino n’a pas pris une ride.

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Etudiante et gourmande !

Si vous trouvez que la ville est animée le soir, rien de surprenant. Urbino a en effet pour particularité de compter plus d’étudiants que de résidents ! Il faut dire que l’université Carlo-Bo contribue à son prestige. Cette dernière est considérée comme une des plus vieilles d’Europe, elle qui remonte à 1506. Composée de 8 départements, elle attire chaque année des élèves venus des quatre coins du monde.

Ceux qui y atterrissent peuvent s’estimer vernis. Car si leurs yeux peuvent se repaître d’un patrimoine de toute beauté, leurs estomacs ont l’embarras des délices sur cette terre de gastronomie. Les amateurs de charcuterie seront aux anges, tout comme les disciples de Dionysos, en particulier les partisans du blanc, qui saliveront devant le Verdicchio, véritable fleuron des vins dans cette partie du globe. Royaume des pâtes artisanales, dont les secrets de fabrication fleurent le lointain, le berceau de la Renaissance compte aussi parmi ses trésors culinaires le fameux casciotta, un fromage à base de lait de brebis fabriqué dans la région depuis des siècles.

Un dessert avec ça ? Oui, la « zuppa inglese », ou soupe anglaise si vous préférez. Inspiré d’un dessert britannique, le trifle, ce grand classique de la gourmandise, reconnaissable à sa crème légèrement alcoolisée accompagnée de biscuits, sévit dans d’autres régions comme la Toscane et l’Ombrie. Régine, une Mosellane mariée à un Italien dont la maman, Zena, est native des Marches, s’est vite convertie à ce péché véniel, précisant qu’elle en prépare à chaque anniversaire. Et jusqu’à présent, aucun convive ne s’est plaint.

[article écrit pour le mensuel L’Estrade]

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