Bruges, belle à croquer !

Gourmande et romantique en diable, la Venise du Nord se déguste au fil de l’eau, à cheval, à pied ou sur un vélo. On ne résiste pas longtemps au charme pittoresque de cette ville belge où il fait bon vivre. Dans cette capitale chocolatée, la bière fait pétiller les palais dans un décor cousu de dentelle.

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La Venise du Nord. Il faut être sacrément gonflée pour marcher sur les plates-bandes de la cité lacustre italienne. Mais quand on possède des arguments comme Bruges, notamment architecturaux, on peut se permettre ce crime de lèse-majesté !

La capitale du chocolat (une cinquantaine d’enseignes) séduit. D’emblée. D’abord par sa dimension humaine et sa volonté de donner toute sa place au piéton dans son cœur historique, où vivent quelque 25 000 privilégiés sur environ 120 000 habitants. L’épicentre de cette ensorceleuse de Flandre fait aussi le bonheur du badaud et du cycliste. Sans oublier l’incontournable balade en calèche ou sur un bateau, cette virée sur l’eau apportant un autre regard sur cette ancienne cité portuaire autrefois prospère. Une fois dans son ventre, il n’y a qu’à observer. L’Histoire se déploie sur des façades séculaires où les époques se superposent parfois, comme sur la place du Bourg, berceau de Bruges qui abrite notamment l’hôtel de ville et sa facture gothique. Le Moulin Saint-Jean, le dernier encore en activité, le Beffroi, avec sa vue imprenable du haut de ses 83 mètres, ou encore le Quai du Rosaire, et son décor de carte postale, comptent parmi les pépites de cette portion classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. 

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Ville la plus visitée de Belgique, Bruges est encore plus belle quand on la découvre au hasard de ses pas, en se laissant happer par une ruelle ou un chemin. C’est ainsi, par exemple, que l’on tombe nez à nez avec le Béguinage, avec ses maisons blanches et sa cour plantée d’arbres. Il flotte comme un parfum de Bretagne sur ce site hors du temps occupé par les sœurs bénédictines. Parfois, c’est un café, un bar ou un restaurant qui retient le flâneur. Comme l’authentique et chaleureux Zwart Huis, un bistrot qui a pris racine dans une bâtisse datant du 15e siècle. 

Au chapitre des bonnes adresses, il faut aussi citer Li O Lait, un paradis pour les amateurs de café et de thés. Mais aussi le Cambrinus, une place forte pour les férus de bières, avec plus de 400 déclinaisons. Dans ce registre, le ‘t Brugs Beertje est pas mal non plus, fort d’une panoplie de 300 mousses en bouteille ou à la pression. Le musée Historium, théâtre d’un voyage dans le temps faisant revivre le Bruges médiéval, fera aussi le bonheur des amateurs de houblon.

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Puisque l’on parle d’Histoire, il faut mentionner le musée Groeninge, un incontournable, qui offre une vue globale des arts plastiques belges, avec pour point culminant les Primitifs Flamands, chantres d’une nouvelle réalité picturale, et dont les figures de proue se nomment Robert Campin, Rogier van der Weyden, et bien sûr Jan van Eyck. 

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Encensée par le poète belge Georges Rodenbach en 1892, à travers son roman Bruges-la-Morte, la Venise du Nord n’a pas fini de séduire son monde. Jusqu’à la grosse machine bollywoodienne, qui y a tourné une grande partie de la comédie satirique PK (2014), le plus gros succès indien de tous les temps. On a connu pire vitrine !

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UN MUSÉE DE LA FRITE… FORCÉMENT !

25646_380841452831_7217177_nUn musée de la frite en Belgique ? Forcément ! C’est à Bruges que cet établissement unique en son genre a élu domicile, au milieu d’un océan de chocolats. Et il n’a pas fait les choses à moitié en prenant ses quartiers dans le plus vieux bâtiment de la ville. La « Saaihalle » plus précisément. L’édifice vaut à lui seul le détour, et le numéro apparaissant sur sa façade ne laisse guère de place au doute sur son ancienneté : 1399. Avant d’être consacré à l’emblème alimentaire du plat pays, ce joyau architectural fut l’ancienne représentation commerciale de la ville de Gênes, à l’instar de Venise et Florence, deux autres cités au charme inaltérable.

Amusant et instructif, le « Frietmuseum » débute sa leçon didactique au rez-de-chaussée, où l’on vous dit tout sur la pomme de terre, qui trouve son origine au Pérou, il y a plus de 10 000 ans. Pour en savoir plus sur la frite, ainsi que les différents condiments qui l’accompagnent, il faut monter d’un étage. La visite se ponctue dans les caves du bâtiment, avec une dégustation de cette spécialité à la portée universelle et qui fait tant la fierté de nos voisins du nord. Pour l’anecdote, ce lieu aussi étrange qu’appétissant appartient à une famille propriétaire de deux autres musées à Bruges, en l’occurrence le musée du chocolat belge Choco-Story, qui a élu domicile dans une ancienne taverne à vin, et Lumina Domestica, qui se concentre sur l’éclairage domestique, de la torche à l’ampoule électrique et le led.

www.frietmuseum.be

Photos : Olivier Pierson.

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2 replies »

  1. Ce qui est bien avec Bruges, c’est qu’on peut la visiter un paquet de fois avant d’en avoir fait le tour. Le coeur historique est largement balisé par les touristes mais dans l’enceinte moyennageuse, des dizaines de petites ruelles et jardinets se laissent découvrir au fil de nos pas. Et on s’y perd, pas longtemps, mais suffisamment pour en garder de beaux souvenirs

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