Coloc en mal de caresses…

J’ai un nouveau coloc, le genre à chier dans une litière et à démarrer son moteur à câlins dès que j’approche trop près ma paume de ses poils… Le genre aussi à se frotter contre ma jambe quand je fais pipi de bon matin… Si après ces menus indices vous doutez encore de la nature du coloc en question, je peux rien faire pour vous. Vous êtes cons, c’est aussi simple que ça… 😉 Certains d’entre vous en auront aussi peut-être conclu, au prix d’une lecture aussi parcellaire qu’hâtive, que je suis devenu gai. Je peux les comprendre : ils lisent « câlins », « paume », « poils », et dans leur tête, ça claque comme un fouet pendant une soirée Village People…

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Je suis en train de vous dire que j’héberge un chat, gracieuseté d’un couple d’amis parti en France présenter leur premier bébé. Je leur ai donc proposé de jouer à la nounou à minou, un rôle que je ne serai pas le seul à remplir puisque deux autres personnes ont proposé leurs services. Le matou en question se prénomme Alvin… Oui, Alvin. C’est ce qui est écrit sur le médaillon pendu à son cou, au cas où il viendrait à se perdre ou à être kidnappé… Le plus drôle, c’est que personne, pas même ses propriétaires, ne l’appellent ainsi, préférant depuis longtemps « chat minou », qui est tout sauf un prénom. En gros : on te baptise mais on va t’appeler autrement le reste de la vie. Ça doit être un concept. 

Ce qui m’a le plus surpris la première fois que je l’ai vu, c’est la couleur de ses poils. Une tunique gris-bleu qui lui donne des airs d’aristocrate. Disons que si tu le balances dans une ruelle au milieu d’une meute de chats de gouttière ou de bâtards assimilés comme tels, il va faire un peu bourge sur les bords. C’est un peu comme quand un Français débarque au Québec, il jure dans la consanguinité ambiante (je les aime les Québécois, qu’ils me permettent de les taquiner). 

20170701_153001Notre première cohabitation l’an passé n’avait pas été une formalité. Chat minou avait modérément apprécié avoir été mis au pied du mur par ses maîtres, partis pour le week-end dans un chalet perdus au milieu de nulle part, ce qui est souvent le cas au Québec, où la notion d’espace prend toute son ampleur. Le félin était resté dans sa cage, attendant que je m’éclipse pour ratisser mon appartement au peigne fin et prendre ses marques. Pendant 48 heures, notre relation s’était bornée à une partie de cache-cache. Je l’avais retrouvé prostré sous ma baignoire la première fois, puis derrière la machine à laver, un endroit si étroit qu’il me semblait improbable qu’un animal, même un furet, puisse s’y faufiler. Une fois la glace brisée, j’avais pu constater à quel point cet animal était affectueux, assez pour m’interroger sur son orientation sexuelle. Pour en avoir le cœur net, j’avais mis la chanson « YMCA » du flic black et de sa bande de moustachus. Le chat était resté de marbre, rien, pas même un soupçon de chorégraphie. Il fallait se rendre l’évidence : il était hétéro. J’avais poussé le vice jusqu’à en remettre une couche avec « In The Navy », du même groupe, puis « Laissez-moi danser » de Dalida. Il avait bâillé. 

Sinon, Alvin se comporte comme beaucoup de ses congénères, il aime qu’on le flatte, qu’on le caresse, quitte à faire du zèle. Car le monsieur est comme qui dirait gourmand en matière de paumes. Je vous jure, j’ai l’impression d’être son dealer de câlins. Le soir, à peine a-t-il quitté les bras de Morphée qu’il se jette dans les miens, en quête de ce que vous savez. Pour me convaincre, il use de la ruse habituelle : le ronronnement ! Malgré une totale absence d’originalité chez les chats dans ce domaine, ça fonctionne toujours. Dès qu’ils commencent à vibrer, on craque. Et si ça ne fonctionne pas, il y a cette autre technique imparable : la roulade sur le dos, avec le gras du bide bien en évidence, qui scintille dans ta tête comme une pâte à malaxer. Le chat a été conçu pour rappeler à l’Homme les bienfaits du massage. Sauf qu’un minou, aussi affectueux soit-il, n’a aucune notion de l’expression « renvoyer l’ascenseur ». Une fois la séance de massothérapie terminée, il se casse la plupart du temps (Chat minou oui). Tu peux toujours te brosser pour espérer la même chose en retour. J’ai bien essayé de m’allonger sur le ventre, en quête de ces hypothétiques pressions velues qui auraient soulagé mes tensions lombaires, considérant au passage que cette simple pensée déjouait toute logique. 

La prochaine fois, c’est décidé, j’héberge une femme…

 

 

 

 

 

 

 

 

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Catégories :Divers et varié

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