Palerme, la belle volcanique

Avec son caractère bien trempé, son parfum de mafia et ses tentations culinaires, Palerme ne laisse pas indifférent. Bruyante, animée, parfois chaotique, la capitale de la Sicile fait aussi le bonheur des pupilles en dévoilant un patrimoine historique d’une grande richesse, influencé par les différentes cultures qui l’ont traversée.

Palerme. La capitale sicilienne, bordée par la mer Méditerranée, traîne comme des boulets des clichés qui ont pour nom pauvreté, insécurité… et bien entendu mafia, qui s’est étendue et a prospéré sur cette île ressemblant à un ballon que la botte italienne est à deux doigts de frapper. Dans un pays où le foot est une seconde religion, quoi de plus normal… C’est d’ailleurs sur les marches de son majestueux Théâtre Massimo que s’achève la célèbre trilogie du Parrain, immortalisée par Coppola (lire autre texte). La ville de 650 000 habitants a d’ailleurs compté parmi ses pensionnaires Toto Riina, chef historique de Cosa Nostra, mais aussi un des ennemis jurés de La Pieuvre, le juge Giovani Falcone, assassiné le 23 mai 1992.

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La cour du Palais des Normands.

Au-delà de cette réputation volcanique, Palerme sait se montrer attrayante, sur le plan culinaire notamment. Reconnue pour sa street food (manger dans la rue est une tradition là-bas), elle est aussi considérée comme le berceau de la gastronomie au royaume de l’Etna. Les bonnes adresses ne manquent pas, à commencer par la Trattoria Ai Cascinari, blottie rue D’Ossuna. Ce restaurant de quartier, situé non loin du marché des brocanteurs, est réputé pour servir une des meilleures cuisines du coin. Puisque l’on parle de marché, c’est justement dans ce genre d’endroit que se déguste la fameuse Pane e panelle, une galette de pois chiches, parfois agrémentée de croquettes de pommes de terre, d’aubergines frites et de citron. Du côté des spécialités locales, on peut citer les pâtes aux sardines, accompagnées de raisin et de fenouil sauvage (un des plats les plus anciens de Sicile), ou encore les tranches d’espadon roulées et garnies de câpres, de tomates, d’olives et de chapelure. Les gourmands se pâmeront devant la sette veli, très dangereuse pour la tentation. Invention de la pâtisserie Cappello, une institution à Palerme, le délice, décliné en deux versions (pistache et fraise) superpose sept couches fines de chocolat. Autre emblème local : la cassata siciliana, à base de ricotta fraîche, de génoise et de pâte d’amande. Vous salivez ?

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Le Théâtre Massimo, qui a servi de cadre à une scène de la trilogie du Parrain.

Quand on ne mange pas à Palerme, on peut aussi se balader et profiter du centre historique, à l’ambiance si typique, dans le dédale de ses ruelles étroites. Un vrai régal. Une concentration de monuments mélangeant les styles, témoins des différentes cultures qui se sont succédées dans l’ancienne cité du royaume de Naples. La cathédrale, construite sur une ancienne mosquée, en est un bel exemple. Flanquée de grands jardins propices à la promenade, cette construction d’envergure remontant au 12e siècle vaut notamment le détour pour son porche sculpté, ses décorations arabes et catalanes, mais aussi son portail gothique. Le palais des Normands est une autre priorité. La plus ancienne résidence royale d’Europe (elle remonte au 9e siècle), siège de l’Assemblée régionale de Sicile (autonome depuis 1947), abrite au premier étage un des chefs-d’œuvre de l’art arabo-normand : la chapelle Palatine. Une fois à l’intérieur, le visiteur en prend plein les yeux en découvrant le nombre impressionnant de ses mosaïques byzantines. L’église, considérée comme la plus belle de Sicile, a été inscrite au patrimoine de l’UNESCO en 2015. Une consécration méritée pour ce petit bijou de lumière.

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La cathédrale, construite dans une ancienne mosquée.

 

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Palerme fait son cinéma

4289604882_6a0af8f7a8_zLe fief et berceau de la mafia a servi de décor, entièrement ou partiellement, à plusieurs films plus ou moins connus. Parmi eux, on trouve bien sûr l’épilogue de la saga du Parrain mis en scène par Coppola. Les cinéphiles ont sans doute en mémoire la scène finale de ce dernier acte tourné sur les marches de l’imposant Théâtre Massimo. Une conclusion sublime s’achevant dans le sang, avec la mort de la fille d’un Corleone las des règlements de compte incarné par Al Pacino.

Autre film mythique, et non des moindres, celui signé du maestro Luchino Visconti, Le Guépard, mettant en vedette Claudia Cardinale, Alain Delon et Burt Lancaster, excusez du peu ! Une des scènes emblématiques de ce long-métrage, celle du bal, a été tournée dans le somptueux palais Gangi et ses 8 000 mètres carrés, situé au cœur de la ville. Véritable bijou de patrimoine, ce monument passe pour être un des plus beaux et des plus authentiques témoignages du rococo sicilien.

Terminons ce trio avec Cinema Paradiso, de Giuseppe Tornatore, avec le regretté Philippe Noiret dans le rôle d’un projectionniste amoureux du 7e art qui fera partager sa passion et son métier au petit Salvatore. Servi par le belle musique d’Ennio Morricone, ce long-métrage vaut aussi pour sa scène finale, quand Salvatore, devenu metteur en scène, retourne dans son village natal. Le projectionniste, décédé, lui a laissé une bobine contenant toutes les scènes de baisers que le curé avaient censurées, les jugeant impudiques et osées. Un bel hommage au cinéma.

 

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