Namur : l’éloge de la lenteur

La capitale de la Wallonie s’avère aussi agréable à vivre qu’à visiter. Le touriste se découvre d’ailleurs des accointances avec l’escargot, un des emblèmes locaux, lorsque vient le temps d’arpenter cette ville située aux portes de la campagne, autant appréciée pour son patrimoine architectural que sa riche gastronomie.

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Photo : Office de tourisme de Namur.

William Turner l’a peinte. Victor Hugo, Chateaubriand et Marguerite Yourcenar en ont parlé dans leurs œuvres. Et Baudelaire aurait perdu connaissance lors de sa visite de l’église Saint-Loup, un des joyaux de l’architecture baroque en Belgique, qu’il qualifiera de « merveille sinistre et galante ». Namur séduit, c’est une certitude. Pour bien profiter de cette ville située au confluent de la Meuse et de la Sambre, on préconise de se laisser tenter par la marche ou le vélo, d’autant que depuis 2008 quatre circuits éco-touristiques offrent la possibilité de la découvrir autrement. Au fil de l’eau, c’est pas mal non plus, grâce aux Namourettes, des navettes fluviales permettant de rallier le centre historique à moindres frais. 

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Les Namourettes, un bon moyen de rallier le centre historique à moindres frais ! (Photo : Office de tourisme de Namur).

A Namur, on aime prendre son temps. La lenteur fait d’ailleurs partie du décor. On prétend que ses habitants en font l’éloge, et la célèbre sculpture de Djosef et Francwès, une des curiosités de la place d’Armes (lire autre texte), vient corroborer la lancinante rumeur. Pas étonnant que l’escargot convienne si bien à la capitale de la Wallonie, qui lui a accordé une place de choix dans son assiette. Le gastéropode n’est pas la seule spécialité du berceau de la frite, qui entretient depuis des lustres de riches traditions culinaires. On peut citer l’avisance, une saucisse enrobée d’une pâte feuilletée très populaire durant les fêtes locales, ou encore le groin de cochon, très apprécié au restaurant Le Temps des cerises… et servi avec une frite dans la narine (celle du cochon bien sûr). Au chapitre des délices sucrés, le Biétrumé, un caramel mou truffé de noisettes grillées, fera fondre les gourmands. On le déniche notamment à la Maison des Desserts, une bâtisse du 17e siècle bien connue des amateurs de pâtisseries et de chocolats.

Il va sans dire que le cœur historique de la porte des Ardennes belges est un passage obligé. Les monuments y sont nombreux, tout comme les musées, onze plus exactement, dont celui dédié aux arts anciens. Ce dernier abrite une collection classée parmi les 7 merveilles de Belgique : le trésor d’Oignies. Une cinquantaine de pièces d’orfèvrerie du 13e siècle taillées dans l’or ou l’argent et serties de pierres précieuses. La cathédrale Saint-Aubain, qui détient des fragments de la vraie croix d’épines du Christ; le Beffroi, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1999; le Théâtre Royal, un des derniers d’Europe aménagé à l’italienne, ou encore l’emblématique place d’Armes, dotée d’un plancher en bois depuis sa cure de jouvence en 1999, sont d’autres trésors à apprécier. N’oublions pas l’imposante citadelle qui surplombe la cité sur son éperon rocheux. Celle qui est considérée comme une des plus grandes forteresses d’Europe cache un fascinant réseau souterrain (7 km de galeries) remontant au Moyen Age.

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Le Théâtre Royal, un des derniers d’Europe aménagé à l’italienne.

La place du Marché aux légumes mérite aussi une mention. Ce petit square pittoresque a pour voisins l’église Saint-Jean-Baptiste, la plus vieille et la plus populaire de la ville, et le café Ratin-Tot, qui remonte à la même époque (1616). On raconte d’ailleurs que si le clocher de l’édifice religieux est de travers, c’est à cause de ce troquet, les maçons y ayant oublié leur fil à plomb après un déjeuner trop arrosé. C’est aussi ça Namur : de l’histoire, du plaisir, et parfois une anecdote croustillante !

Djosef et Francwès

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C’est un symbole autant qu’une œuvre d’art. Avant de devenir des statues de bronze sur la place d’Armes, où l’on peut les observer depuis 2000, Djosef et Francwès ont été des héros de BD. Nés de l’imagination du peintre et écrivain Jean Legrand, ils sont apparus dans le journal Vers l’Avenir après la Seconde Guerre mondiale, où ils avaient vocation à dérider les visages fermés. Ils ont également été les personnages d’un théâtre de marionnettes namurois. Nostalgiques du temps passé, toujours prompts à s’interroger sur le monde et la modernité, ces deux figures du patrimoine et du folklore local font l’éloge de la lenteur, et plus précisément de cette nonchalance souvent accolée aux habitants de la cité belge. Ils sont d’ailleurs si lents qu’ils sont obligés d’enfermer leurs escargots ou de les tenir en laisse, comme le montre l’œuvre conçue par l’artiste Suzanne Godart, qui rappelle au passage que le gastéropode est une spécialité culinaire de Namur. On dit aussi que frotter ses antennes porte chance.

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