Mec in France : jour 28

Un jour, une photo… et parfois plus, c’est le thème de cette rubrique temporelle. Mes vacances en France, à l’instinct et dans l’instant. C’est parti…

La belle place Saint-Louis est encore plus belle sous un ciel radieux…

Mardi 9 janvier. Alléluïa ! Non, je n’ai pas trouvé l’âme sœur ni copulé avec une âme compatissante. Mais aujourd’hui, j’ai vu le soleil dans un grand ciel bleu. Bientôt un mois que je suis arrivé en France et cet astre que l’on dit si bon pour le moral vient de requinquer le mien en dardant ses rayons dans ma face quémandant un apport de vitamine D que je croyais hypothétique.

En Lorraine, c’est souvent le tarif en hiver, saison démoralisante par excellence. Du gris, du gris et encore du gris. Face à ce déluge de gaieté qui a asséché depuis longtemps son stock de larmes, l’autochtone en est réduit à pleurer intérieurement. D’une année à l’autre, il encaisse, la mine renfrognée, devisant sur cette météo qui lui pourrit la vue. Dans cet océan voilé, le large devient une utopie. Dans le meilleur des cas, il confond son parapluie avec une ombrelle, ce qui redonne un peu de baume à son cœur détrempé. Car le parapluie est aussi important ici que la pelle pour un automobiliste québécois durant la saison blanche, avec son lot de séquences intenses pour les biceps et les lombaires. Cette année, j’en ai tué deux (des parapluies, pas des Québécois), qui ont rendu l’âme dans le sillage d’une journée décoiffante… Le premier n’a pas supporté sa première bourrasque. Il s’est retourné et brisé. Je n’en croyais pas mes yeux. Le pébroc de ma mère soi-disant résistant, qui venait de me fausser compagnie à la première alerte. Le second, qui végétait depuis pas mal de temps dans le coffre de la voiture prêtée par des amis, a été sectionné au niveau du manche. Je vous laisse imaginer la scène, devant une meute d’automobilistes patientant à un feu rouge : moi, avec ledit manche dans une main et le reste de mon bouclier de tissu virevoltant sur le bitume sous les assauts du vent. Comique, je vous jure ! Passons…

Le temps gris prend souvent ses aises en Lorraine en hiver…

La Lorraine, je le disais, sait se montrer généreuse côté grisaille. Elle ne regarde pas à la quantité, jamais à court de nuages bien opaques pour tester votre résilience, quand ce n’est pas la pluie qui vient doucher votre optimisme. Parlons-en de la pluie. Alors que le Québec connaissait un mois de décembre assez frigorifique merci bien – au point de griller la politesse au Pôle Nord – la Moselle (un des 4 départements de la Lorraine pour ceux qui seraient fâchés avec la géographie, ou les Texans, ce qui revient au même) traversait un épisode diluvien, avec pour conséquence de belles inondations et des sols gorgés d’eau. À choisir entre le – 40 ressenti dans ma patrie d’adoption et le + 10 plutôt stable de ma terre natale, je prends les glaçons sans hésiter, rien que pour ce soleil radieux qui rebondit sur la blancheur immaculée de la neige et fait un bien fou en dépit du froid piquant qui réduit de quelques centimètres la virilité des messieurs («c’est bizarre, il me paraissait plus grand hier…»).

J’ai profité de cette lucarne ensoleillée pour immortaliser la belle ville de Metz dans ses habits de lumière, notamment la place Saint-Louis et ses arcades médiévales. Un classique. J’ai bien fait car dans l’après-midi, le gris revenait souiller la belle carte postale en postillonnant sur mon pare-brise. Et merde…

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