Vague à lames

Qui l’aurait cru ? La saison de hockey est terminée et je ne l’ai pas vue passer. Je ne l’ai pas vue passer car je n’ai regardé aucun match du Canadien de Montréal, qui était pour moi la seule raison de m’intéresser à ce sport. À vrai dire, le seul match auquel j’ai assisté – par téléviseur interposé – a été l’ultime, dans l’antre des Maple Leafs de Toronto, l’ennemi juré. J’ai tenu une période, et encore… Le CH a encaissé un but et mon intérêt a flanché. Je savais que c’était plié. Un peu plus tard, j’ai vu le résumé de la rencontre, perdu sur le score de 4 à 2, avec un but accordé par Carey Price relevant du gag. Imaginez un défenseur au football qui veut dégager le ballon mais le manque. Ben lui, il a voulu dégager la rondelle (un jeu d’enfant en apparence) sauf que son bâton n’a fait que l’effleurer, au grand bonheur d’un joueur adverse qui passait par là, trop heureux de concrétiser l’offrande du cerbère autrefois adulé, présenté comme le sauveur d’une équipe dont il est devenu un des fantômes. Voilà, c’est un peu ça la saison de la formation montréalaise : une envie de rire et de pleurer. Une équipe sans âme, ai-je entendu à plusieurs reprises. Triste constat, échec sur bien des lignes (de la patinoire à la direction). Les lames étaient en berne on dirait…

Les Glorieux (un des surnoms de l’équipe, ce qui prête à sourire aujourd’hui) ne prendront donc pas part aux séries et je m’en contrefous comme de ma dernière communion. Quelque chose s’est brisé en moi, sans trop savoir l’expliquer. La lassitude, sans doute. Je ne dois pas être le seul vu les cotes d’écoute qui ont baissé et les gradins qui avaient l’air plus clairsemés qu’à l’habitude dans la cathédrale du Centre Bell.  La lancinante impression, aussi, que cette organisation ne va nulle part, en tout cas pas vers une 26e coupe Stanley. Car le CH, faut-il le rappeler, en a brandi 25 au cours de son histoire, vieille de plus d’un siècle. Dans les deux cas, c’est unique en Amérique du Nord. Le problème, c’est que le dernier trophée remonte à 1993, autant dire une éternité. Inutile de dire que le parfum des grands honneurs s’est évaporé depuis longtemps. Ça commence à sentir le renfermé dans les vitrines du club. Je vous laisse imaginer la poussière qui s’est accumulée sur la coupe tant espérée, recouverte du linceul de la désillusion. 

J’ai aimé le Canadien comme on aime à l’entame d’une relation amoureuse. Passionnément. Je me suis même retrouvé invité sur un plateau télé pour parler de mon coup de foudre, après un texte de mon cru paru dans le journal La Presse, où, pour donner plus d’éclat à ma passion dévorante, le photographe m’avait affublé d’accessoires à l’effigie de l’équipe, me demandant de crier « Go Habs Go ! » devant le Centre Bell où avait lieu la séance photo. J’en ris encore aujourd’hui…

J’espère pouvoir vibrer à nouveau pour cette équipe, et avoir la chance de célébrer le titre suprême en allant applaudir les vainqueurs dans la rue Sainte-Catherine. Je suis encore jeune, l’espoir est permis. Je rêve de ce sacre pour pouvoir communier avec d’autres partisans, et me replonger dans cette ambiance surnaturelle qui avait couronné le titre mondial de l’équipe de France de football en 1998. Même si je dois avouer que cette ferveur-là n’est pas prête d’être détrônée dans mon cœur de Français. Vingt ans déjà et toujours les mêmes frissons rien qu’à l’évoquer. Mais ceci est une autre histoire…

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Pour remuer le couteau dans la plaie (partisans sensibles, s’abstenir) :

https://ici.radio-canada.ca/sports/1094082/hockey-canadien-geoff-molson-marc-bergevin-bilan-saison-conference–presse

https://www.nhl.com/fr/canadiens/news/la-direction-fait-le-bilan-de-la-saison-2017-2018-geoff-molson-et-marc-bergevin/c-297850954

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