Des singes en tribune

[Je publie ce texte alors qu’un joueur de football a encore été la cible d’insultes racistes – des cris de singe – lors d’une récente rencontre du championnat de France opposant Dijon à Amiens. Un cas loin d’être isolé, hélas…]

« Je m’adresse à vous, assoiffés de bêtise. Dans votre catégorie, vous êtes des champions. Si vous étiez des judokas, on vous attribuerez la ceinture noire sans hésitation. La médaille d’or de la connerie, elle est pour vous, et elle est pas en chocolat.

On dit que vous êtes un fléau, une plaie, une maladie incurable, voire une mycose honteuse. Des morpions qui démangent notre conscience. Votre truc, c’est de venir pourrir les stades de foot avec des gestes condamnables et des chants pas toujours de bon goût, à vrai dire jamais. Vous n’êtes qu’une minorité, mais on ne voit, hélas, que vous dans les tribunes et sur nos écrans, avec vos propos dégueulasses, vos actes discriminatoires et ces drapeaux sans rapport avec le sport, d’une idéologie douteuse.

Vous faites de l’ombre à ceux qui viennent encourager leur équipe fétiche et taclent l’adversaire avec des sifflets et des « ouh ! » bien appuyés qui semblent bien maigrichons face à la haine que vous déversez. À cause de vous, on en vient à penser que c’est l’ensemble du stade qui a été contaminé. On prend des raccourcis faciles en réduisant le supporteur à la famille des lobotomisés que vous représentez avec brio. Par votre faute, la vibration contagieuse des tribunes est devenue repoussante. Votre vindicte identitaire dénote, bouscule, interroge et inquiète, en particulier quand vous tendez un bras hitlérien qu’on a envie de vous planter dans le fion, qui sert de terreau à votre rhétorique immonde. Lorsque vous ouvrez la bouche, ça pique. Les yeux, la morale, l’humanité. L’hygiène dentaire n’a rien à voir là-dedans. Ça vient de plus profond. Les pestilences de la xénophobie.

Avec beaucoup d’abnégation, vous avez fini par ternir l’image d’un sport dont vous n’êtes plus les partisans depuis longtemps, et dont le jeu n’est pas vraiment votre préoccupation. Vous persistez à polluer les enceintes sportives et à faire tâche d’huile avec votre turpitude. Certains d’entre vous n’ont rien trouvé de mieux que d’imiter les cris d’un singe pour mettre la pression sur un joueur de couleur. Comble de la bêtise, vous justifiez parfois ces injures en expliquant que c’est un moyen comme un autre de déstabiliser l’adversaire. Ben voyons. Vous en avez d’autres comme ça ? Pour mettre la pression sur l’équipe d’Israël, vous endossez la funeste tenue du déporté ?

Les arriérés dont vous représentez la race foulent au pied le plus élémentaire des respects. Ces attaques viles et humiliantes prouvent en tout cas une chose : vos cerveaux de crétins congénitaux en sont restés au stade du petits pois, devenu l’ambassadeur de vos prouesses intellectuelles. Le plus drôle dans tout ça, c’est qu’en déversant votre fiel sur un Noir, vous vous comportez comme cet animal dont vous vous évertuez à reproduire les mimiques en tribunes. Des succédanés de chimpanzé, ai-je envie de dire, pour ne pas faire offense à ce lointain parent dont vous faites de bien piètres héritiers.

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